Ce que cache la baisse record du chômage au Royaume-Uni

Libération.fr
Devant une agence Jobcentre Plus, l'équivalent britannique de Pôle Emploi, le 20 juillet.

Le pourcentage de sans-emplois a atteint un plus bas depuis 1975, mais les salaires n'ont pas retrouvé le niveau d'avant la crise financière de 2008.

Elle n’a pas attendu très longtemps. A peine installée pour la séance hebdomadaire des questions au Premier ministre à la Chambre des Communes, Theresa May s’est empressée de souligner la bonne nouvelle de ce mercredi : le taux de chômage au Royaume-Uni a atteint 4,3% pour la période de mai à juillet soit officiellement le plus bas niveau depuis 1975.

Mais son triomphe a été de courte durée. Le chef de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, a immédiatement répliqué en rappelant que cette baisse du chômage s’accompagne d’un resserrement supplémentaire des salaires. Ces derniers ont en effet baissé de 0,4% lors de la même période, a indiqué l’Office of National Statistics (ONS).

Le tableau n’est donc pas aussi rose que voudrait le présenter le gouvernement conservateur. D’autant que l’inflation continue de grimper, notamment stimulée par la baisse de la livre sterling, qui a perdu environ 20% de sa valeur, depuis le référendum sur le Brexit le 23 juin 2016. L’inflation atteint désormais 2,9%. Ces chiffres, publiés mardi, sont au-dessus des prévisions. Les prix des carburants et des vêtements sont les plus affectés.

Depuis la crise financière de 2008, la flexibilité du marché du travail britannique a certes permis de limiter les pertes d’emplois. En revanche, si le marché a enregistré plus de 2,5 millions d’emplois supplémentaires par rapport à juste avant la crise de 2008, le niveau des salaires est toujours à 3,2% en dessous des niveaux de 2008, une fois les chiffres ajustés par rapport à l’inflation.

Cette différence entre un taux de chômage très bas et une progression des salaires nulle s’explique en partie par la multiplication des emplois précaires, comme les contrats zéro heure. Ces contrats, qui s’appliquaient à plus de 900 000 personnes en mars dernier, ne garantissent pas au salarié un minimum d’heures (...)

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