Cabaret contemporain concertistes techno

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Las, sans doute, de se voir reprocher par d’obtus réactionnaires de ne pas être de «vrais» musiciens, de nombreux DJ et producteurs techno flirtent ces dernières années, et avec plus ou moins de réussite, avec la «grande» musique, classique ou contemporaine. La démarche de Cabaret contemporain est exactement inverse, et probablement bien plus originale. Depuis quatre ans, les musiciens de ce quintet français jouent de la techno avec des instruments classiques, piano, guitares, contrebasse où batterie, préparés par leurs soins. Et on s’y croirait ! Jamais musique «savante» (on n’est pas obligé d’aimer le mot) et dancefloor n’ont été aussi bien mariés. Pinçant, frappant ou frottant leurs instruments avec l’énergie d’un DJ de «peak hour» (l’heure où la piste est pleine), les membres de Cabaret contemporain, vêtus d’élégants costumes comme pourraient en porter des concertistes, reproduisent les beats et le groove de la musique électronique avec une puissance étonnante. Mieux, le décalage provoqué par ce BPM «organique» est une expérience qui renouvelle l’écoute de la techno. Mais le quintet n’est pas qu’un phénomène de scène, il produit aussi d’étonnants disques de techno minimale unplunged («débranchée»), comme ce nouveau maxi baptisé Satellite, dans lequel ces musiciens proposent, tel n’importe quel producteur electro, titres originaux et remix (d’Arnaud Rebotini, notamment). Il ne manque plus qu’une collaboration avec Jeff Mills (lire Libération du 8 avril) pour que la boucle soit bouclée.

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