"Ca me choque": Darmanin se dit hostile aux rayons de cuisine communautaire dans les supermarchés

Hugues Garnier
·2 min de lecture
Gérald Darmanin dans l'émission
Gérald Darmanin dans l'émission

"C'est comme ça que cela commence le communautarisme". Gérald Darmanin a expliqué sur BFMTV être "personnellement" hostile à l'installation dans les grandes surfaces de rayons proposant de la cuisine "communautaire".

"Ca m'a toujours choqué de rentrer dans un hypermarché et de voir qu'il y a un rayon de telle cuisine communautaire, c'est comme ça que ça commence le communautarisme", a déclaré le ministre de l'Intérieur, précisant encore une fois qu'il s'agissait là de "son opinion".

"Pourquoi des rayons spécifiques?"

Le ministre de l'Intérieur a expliqué plus tard dans la soirée qu'il ne visait non pas les produits communautaires type halal ou casher à proprement parler mais les rayons spécifiques les proposant dans les supermarchés.

"Je comprends très bien que la viande halal soit vendue dans des supermarchés, ce que je regrette c'est les rayons. Pourquoi je dois faire un rayon différent? J'ai donc le rayon pour les musulmans, le rayon casher puis tous les autres... Pourquoi des rayons spécifiques?", s'interroge le ministre sur BFMTV.

"Heureusement que toutes mes opinions ne font pas partie des lois de la République", a ajouté Gérald Darmanin, rappelant que n'était pas lui qui faisait la loi mais les parlementaires.

"Des parts de marché en flattant quelques bas instincts"

D'une manière plus générale, le ministre a par ailleurs pointé du doigt "le capitalisme français, mondial" qui aurait selon lui une "responsabilité" dans le communautarisme.

"Quand on vend des vêtements communautaires, peut-être qu'on a une petite responsabilité dans le communautarisme. Lorsqu'on prête de l'argent à un certain nombre d'associations, ou a des entreprises communautaires [...] Ce n'est pas parce qu'on a des parts de marché en flattant quelques bas instincts qu'on a rendu service au bien commun", déclare le ministre de l'Intérieur.

De son "avis personnel", Gérald Darmanin juge que "de grandes entreprises ont organisé parfois le marketing direct" pour "gagner de l'argent sur le communautarisme."

"Moi personnellement, ça me choque et permettez moi de dire que si on doit demander des comptes aux responsables politiques, on peut aussi dire au capitalisme qu'il peut être, de temps en temps, patriote."

Article original publié sur BFMTV.com