Le C919, premier moyen-courrier chinois, pour “briser le monopole” d’Airbus et Boeing

STR / AFP

Xi Jinping en personne avait salué l’équipe du projet C919 à l’occasion d’une exposition au palais du Peuple à Pékin en septembre. Des honneurs à la mesure de l’ambition chinoise de “briser le monopole” d’Airbus et Boeing sur le marché des avions de ligne commerciaux. “Pour de nombreux professionnels de l’aviation en Chine, le C919 est le fruit d’une grande ambition et d’un long combat parsemé d’épreuves et de victoires”, écrivait le Global Times en septembre.

Trois mois plus tard, après la livraison du premier C919 sur les cinq attendus par la China Eastern Airlines d’ici 2024, le journal chinois poursuit avec la même emphase, saluant la réussite d’un projet entamé en 2007, “une étape majeure dans le développement d’une industrie chinoise de construction de gros-porteurs”. La cérémonie de livraison était diffusée en direct par les médias d’État depuis l’aéroport international de Shanghai Pudong.

Le C919 est le premier avion moyen-courrier développé dans le pays, et Pékin a “de grands espoirs” pour l’appareil, dont le lancement est une étape pour “réduire la dépendance technologique de la Chine vis-à-vis de l’étranger, dans un contexte de détérioration de ses relations avec les pays occidentaux”, commente le South China Morning Post (SCMP) depuis Hong Kong. “Néanmoins, la plupart des composants essentiels du C919 sont fabriqués à l’étranger et doivent être importés. C’est le cas en particulier de ses réacteurs, de ses systèmes de contrôle et de communication, ainsi que de son train d’atterrissage.”

Le constructeur du C919, Comac (Commercial Aircraft Corporation of China), détenu par l’État chinois, “a eu du mal à susciter de l’intérêt pour son appareil à l’étranger, avec quatorze années de planification, d’essais et de délais non respectés”, observe aussi Bloomberg. Bien que la livraison du C919 marque un moment important, l’avion va devoir batailler pour défier le duopole des constructeurs européen et américain.” Airbus a enregistré à l’été 2022 une méga-commande auprès de plusieurs compagnies chinoises, pour 37 milliards de dollars.

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