"C’est dur de voir mon visage": les "gueules cassées" de l'armée ukrainienne récupèrent loin des combats

Une clinique médicale à Kiev, où un patient est opéré  - BFMTV
Une clinique médicale à Kiev, où un patient est opéré - BFMTV

Se regarder dans le miroir, un geste quotidien devenu douloureux pour Andriy. Avec son unité, cet officier de l'armée ukrainienne a été frappé par un éclat d'obus lors d'un bombardement au mois de mars, dans la région de Kharkiv. Gravement blessé, la cicatrice traverse son visage de haut en bas.

"C’est dur de voir mon visage comme ça, mais Dieu merci je suis vivant", dit-il au micro de BFMTV.

Toujours actif dans l'armée, Andriy reconnaît avoir eu des moments de doute. "Pour être honnête, je me disais au début que j’aurais préféré que ça se termine pour moi ce jour-là", explique-t-il.

Mais Andriy a survécu et a entamé un long processus pour réparer son visage. "En venant pour la première fois ici, j’avais peur. Je ne savais pas que ce qui allait se passer, ce que [les chirurgiens] allaient faire. Mais après une semaine, quand j’ai enlevé les pansements, ça m’a plu", raconte-t-il.

"C’est notre contribution à la guerre! À l’Ukraine!"

Le soldat a subi ce jeudi sa troisième opération, d'une durée de trente minutes. "Je vais lui enlever des cicatrices et des éclats qu'il a reçus dans la peau de son visage", expliquait à BFMTV le chirurgien Rostyslav Valikhnovskia. Depuis le début de la guerre, il a déjà réalisé plusieurs dizaines d’opérations comme celle-ci, et gratuitement.

"Bien sûr qu’on fait ça gratuitement! C’est notre contribution à la guerre! À l’Ukraine!"

Une guerre qui n'épargne pas non plus les civils, comme Natalia. Cette femme qui vivait près d'Izioum, à l'Est, a été gravement blessée lors d'une explosion qui a détruit sa maison.

"Lors de la première opération, ils ont enlevé des éclats de verres, dans mon front, sur mon nez et aussi dans mon genou", raconte-t-elle.

Une chirurgie qu'elle considère comme indispensable pour panser ses plaies physiques et psychologiques. "Personne ne peut comprendre que je souffre, que je suis dévisagée", dit-elle.

Article original publié sur BFMTV.com