"C’était monsieur tout le monde": l’ex-numéro 2 de la police du Val-de-Marne jugé pour voyeurisme

Esther Paolini
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Le commissariat de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), en octobre 2020. (PHOTO D'ILLUSTRATION) - CHAMPIGNY-SUR-MARNE, FRANCE
Le commissariat de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), en octobre 2020. (PHOTO D'ILLUSTRATION) - CHAMPIGNY-SUR-MARNE, FRANCE

L’ancien numéro 2 de la police du Val-de-Marne comparaît ce mardi au tribunal judiciaire de Paris pour des faits de voyeurisme. En août dernier, il a été surpris dans un grand magasin parisien avec du matériel vidéo accroché à ses chaussures, servant vraisemblablement à filmer sous les jupes des femmes. Le fonctionnaire venait tout juste de partir à la retraite, après une carrière "honorable".

2 ans de prison et 30.000 euros d’amende

Les faits se sont déroulés le 3 août dernier au BHV, un magasin très fréquenté du Marais. L’ex-commissaire a fait l’objet d’un signalement auprès des agents de sécurité, alors qu’il se baladait dans les rayons entre les clients avec une caméra placée sur les chaussures. L’homme est rapidement interpellé puis placé en garde à vue. Selon nos informations, une perquisition a également eu lieu à son domicile, permettant de saisir du matériel informatique.

"User de tout moyen afin d'apercevoir les parties intimes d'une personne que celle-ci, du fait de son habillement ou de sa présence dans un lieu clos, a caché à la vue des tiers, lorsqu'il est commis à l'insu ou sans le consentement de la personne" est une atteinte à la vie privée pour laquelle l’auteur encourt une peine allant jusqu’à 2 ans de prison et 30.000 euros d’amende.

Un "cyberflic" décoré à plusieurs reprises

Était-ce la première fois que cet ancien commissaire se prêtait à de tels agissements? Dans les locaux de la direction territoriale de la sécurité de proximité du Val-de-Marne, cette annonce a surpris tout le monde. Le fonctionnaire de 61 ans était parti à la retraite un mois plus tôt à la suite de problèmes de santé, après sept années passées en tant que numéro 2 de la police du département.

Dans les années 1990, il avait gagné le surnom de "cyberflic", en se penchant sur la cybercriminalité, encore à ses balbutiements. Sa carrière a été marquée de nombreuses décorations, selon Le Parisien, avec la médaille d'honneur de la police nationale et celle de l'ordre national du mérite, dont il a été promu chevalier.

Une source policière locale décrit à BFMTV.com un fonctionnaire "agréable, affable", bien qu’un peu "effacé et pince-sans-rire".

Cette dernière nous confirme qu’aucune rumeur ne faisait alors état d’une quelconque déviance.

Une pulsion?

"C’était monsieur tout le monde. Mais comme souvent dans ce type d’affaires, ce n’est pas marqué sur la tête des gens."

Le prévenu, marié et avec une vie de famille, a depuis quitté la région parisienne pour passer sa retraite en province. "Peut-être a-t-il été pris d’une pulsion, pensant qu’il n’avait plus à craindre les conséquences de sanctions administratives ?", s’interroge cette même source.

Aux yeux de ses anciens collègues et subalternes, cette affaire vient entacher l’image de la police, dans un contexte où elle est déjà fortement soumise à pression. "C’est triste pour lui et sa famille de finir sa carrière ainsi. Pour nous, c’est la honte", déplore cette source policière.

Article original publié sur BFMTV.com