Dans les Côtes-d’Armor, une crêperie accusée de trop sentir la crêpe

À Erquy, dans les Côtes-d’Armor, les propriétaires d’une crêperie sont en bisbille depuis des mois avec un voisin qui se plaint... de l’odeur de crêpe (photo d’illustration).
Bruce Yuanyue Bi / Getty Images À Erquy, dans les Côtes-d’Armor, les propriétaires d’une crêperie sont en bisbille depuis des mois avec un voisin qui se plaint... de l’odeur de crêpe (photo d’illustration).

BRETAGNE - C’est une histoire peu banale, à Erquy dans les Côtes-d’Armor, et elle va se finir au tribunal. Depuis près de deux ans et demi, un couple tenant le restaurant « La Crêperie du Pêcheur » dans ce village breton de 4 000 habitants est en conflit avec un voisin, qui se plaint de nuisances sonores et olfactives.

« Il se plaint que notre crêperie sent trop la crêpe ! », s’émeut même Marlène Dupont, la patronne du restaurant, comme le rapporte le site Actu.fr qui a déniché cette improbable histoire.

Marlène Dupont et Alex Polge avaient repris en 2019 cette crêperie ouverte dix ans plus tôt par leur prédécesseur, précise encore le site. Mais dès août 2020, ils reçoivent une première lettre de leur voisin dénonçant des nuisances : « fumée émanant de la cuisine, odeur de friture alors que nous ne faisons que des crêpes et des galettes, bruits de graviers et de portières des clients, chocs de vaisselle à la plonge, mais aussi bruits de mon conjoint qui parlait trop fort en donnant les ordres aux employés… », relate notamment Marlène Dupont, contactée par TF1-LCI.

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Pour ne pas envenimer les choses, le couple de patrons décide de contacter le plaignant et de procéder à quelques aménagements, pour un montant de 12 000 euros : changement de hotte pour les odeurs, gainage pour la fumée, condamnation d’un des deux parkings pour réduire le bruit des voitures…

Rien n’y fait. En 2021, les propriétaires du restaurant reçoivent un deuxième courrier du voisin, celui-ci ayant notamment ajouté à ses récriminations « les rires des clients ». Ils font le choix de ne pas y répondre, mais entreprennent de nouveaux aménagements comme l’éloignement du local plonge accusé d’une partie des nuisances sonores. Pour 5 000 euros cette fois.

170 000 euros de travaux

En août 2022, rebelote. Nouvelle lettre du voisin, cette fois-ci par le biais d’un avocat, dans laquelle le bruit est encore mis en cause. Marlène Dupont et Alex Polge mettent une nouvelle fois la main au portefeuille, faisant construire une véranda isolante pour couvrir les tables se trouvant au plus près du voisin mécontent. Coût de l’opération : 150 000 euros.

Un rendez-vous est finalement pris en novembre 2022 chez un conciliateur de justice. Le couple propose entre autres de faire poser un silencieux à la hotte et de supprimer l’aire de jeux pour enfants. « Monsieur Boquet veut aussi une fermeture obligatoire du restaurant à 19 heures au lieu de 23 heures Il nous dit que si nous ne faisons pas tout ça, il ira en justice », relate Marlène Dupont auprès de TF1-LCI.

Ce qui sera bien le cas. Car ce 10 janvier 2023, un huissier est venu remettre au couple une assignation en justice pour le 16 février prochain.

« La victime, c’est moi. Jamais je ne serais parti dans une telle procédure judiciaire s’il n’y avait tant de nuisances, de troubles anormaux », se défend de son côté le voisin plaignant auprès d’Actu.fr. Il précise qu’il a fait construire sa maison en 2000, quand il n’y avait pas encore de crêperie et qu’il serait « parti en courant » si tel avait été le cas à l’époque. Il fait aussi valoir que le site est une zone Natura 2000, ce réseau protégeant des lieux naturels de l’Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale, pour la faune et la flore exceptionnelles qu’ils hébergent.

En moins d’une semaine, une pétition de soutien au couple de propriétaires, ironiquement intitulée « La crêperie qui sent la crêpe… », a par ailleurs récolté plus de 14 600 signatures, dont celle de Corinne Fesseau, qui avait quant à elle été attaquée en justice en 2017 à cause du chant matinal de son coq, Maurice, sur l’île d’Oléron, une histoire dont même le New York Times s’était emparé.

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