Côte d'Ivoire : décès du Premier ministre Hamed Bakayoko des suites d'un cancer

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Le Premier ministre de Côte d'Ivoire, Hamed Bakayoko, est mort mercredi à l'âge de 56 ans dans un hôpital en Allemagne des suites d'un cancer, a annoncé mercredi le gouvernement ivoirien dans un communiqué. Il était considéré comme un potentiel successeur au président Alassane Ouattara.

Le Premier ministre ivoirien, Hamed Bakayoko, considéré comme un potentiel successeur au président Alassane Ouattara, est décédé dans la ville allemande de Fribourg "des suites d'un cancer", a annoncé mercredi 10 mars le président de la République Alassane Ouattara dans un communiqué. À 56 ans, il était en Europe depuis un mois pour des examens médicaux.

"Je rends hommage au Premier ministre Hamed Bakayoko, mon fils et proche collaborateur, trop tôt arraché à notre affection", a déclaré le président Ouattara dans ce communiqué lu à la télévision publique RTI.

"C'est triste, on vient d'apprendre le décès de 'Hambak' [surnom donné à Hamed Bakayoko]", a déclaré à l'AFP une personne de son entourage, peu avant le communiqué officiel d'Abidjan.

Nommé en juillet 2020 à la tête du gouvernement après la mort soudaine d'Amadou Gon Coulibaly, tout en gardant son poste de ministre de la Défense, cet ancien dirigeant de groupe de presse avait été évacué en France par avion spécial pour "raisons de santé", avant de faire route vers Fribourg, dans le sud-ouest de l'Allemagne, pour y être hospitalisé le week-end dernier.

Lundi 8 mars, le secrétaire général de la présidence ivoirienne, Patrick Achi, a été nommé par décret Premier ministre par intérim pour le suppléer.

Téné Birahima Ouattara, ministre des Affaires présidentielles et frère cadet du président Alassane Ouattara, a quant à lui été nommé ministre de la Défense par intérim.

Le gouvernement avait indiqué dans un communiqué publié vendredi qu'Alassane Ouattara s'était rendu auprès de Hamed Bakayoko au cours d'une visite en France la semaine dernière, et que l'état de santé de ce dernier nécessitait que son hospitalisation soit prolongée.

L'ancien Premier ministre avait servi de négociateurs et d'intermédiaire entre des factions rivales, alors que la guerre civile faisait rage en Côte d'Ivoire au début des années 2000.

Hommages

Ses opposants ont tenu à saluer sa mémoire. "C'était un homme de conviction, qui avait une ambition pour les jeunes", a déclaré N'Goran Djedri, un des dirigeants du premier parti d'opposition, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI). "Il est parti trop tôt."

Charles Blé Goudé, qui a longtemps été un pilier des partisans de l'ancien président Laurent Gbagbo, rival acharné d'Alassane Oauttara, a été l'un des premiers à lui rendre hommage depuis son exil en Europe. "Nous étions certes adversaires politiques, mais je retiens de lui un homme qui aura été loyal à son mentor jusqu’au bout, un repère et un soutien pour de nombreux jeunes ivoiriens", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le monde de la musique populaire ivoirienne qu'appréciait Hamed Bakayoko, s'est également montré attristé par son décès. "En dehors du fait qu'il ait été un grand homme politique, je perds personnellement un grand frère, un ami et un parrain. Il a été un (...) grand amoureux de la musique", a réagi Asalfo, du célèbre groupe Magic system.

Avec AFP et Reuters