Côte d'Ivoire: l'opposition demande une prolongation de la période d'enrôlement

Dénonçant des « dysfonctionnements », le PDCI demande l'allongement de deux semaines de la campagne de révision du fichier électoral. Selon le parti d'opposition, l'opération de révision de la liste électorale, débutée le 10 juin, et qui doit s’achever officiellement le 24 juin, est perturbée par la crise sanitaire et des « lourdeurs » administratives.

Avec notre correspondant à Abidjan,  François Hume-Ferkatadji

Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire estime qu’il faut corriger les « lourdeurs et les hésitations » qui entravent le bon déroulé de l'opération d'enrôlement, qui concerne cinq millions de nouveaux électeurs. Le PDCI demande du temps, plus de temps. En cause :  l'isolement du Grand Abidjan et la difficulté pour les cadres du parti d'obtenir des laissez-passer afin de se rendre à l'intérieur du pays et mobiliser leurs soutiens, ou encore des lenteurs dans la délivrance des documents administratifs requis pour les inscriptions.

« Nous avons perdu un temps important, à partir du moment où la CEI met la date du 10 au 24, en deux semaines, avec toutes les lenteurs occasionnées. Nous demandons, simplement, de rallonger cette période, pour que les Ivoiriens puissent s'inscrire tranquillement sur la liste électorale, et que cela se fasse sans rush », explique Jean-Louis Billon, secrétaire exécutif du PDCI.

Porte-parole du FPI, César Etou indique à RFI que le parti de Laurent Gbagbo va adresser la même demande à la Commission électorale indépendante, et ce d’ici lundi. Il dénonce également des dysfonctionnements et évoque plusieurs machines nécessaires au processus d'enrôlement qui seraient « tombées en panne ».

Du côté du RHDP, cette demande de l'opposition est perçue comme un constat d'échec : « ils prennent conscience de leur retard », juge un membre du parti présidentiel.

Comment la CEI va réagir à cette requête : va-t-elle accepter l'allongement de la période d'enrôlement ? En cas de refus, cela risque de cristalliser davantage la méfiance de l’opposition envers cette institution (alors que la Cour africaine des droits de l’homme doit rendre bientôt une décision sur l’équilibre de sa composition).