Côte d'Ivoire : Alassane Ouattara et l'opposant Henri Konan Bédié "brisent la glace"

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L'ancien président et opposant Henri Konan Bédié a accepté de rencontrer mercredi Alassane Ouattara, fraîchement réélu à la tête de la Côte d’Ivoire, pour tenter d'ouvrir le dialogue. Les deux hommes ont déclaré être parvenus à "briser le mur de glace et rétablir la confiance", à l'issue de leur entretien.

La rencontre Bédié-Ouattara s'est achevée sur une reprise du dialogue. Le président ivoirien Alassane Ouattara et son principal opposant, l'ex-président Henri Konan Bédié, ont déclaré avoir "brisé la glace" après leur rencontre, mercredi 11 novembre à Abidjan, destinée à apaiser les violences meurtrières en Côte d'Ivoire, selon un journaliste de l'AFP.

"C'était une première rencontre pour briser la glace et rétablir la confiance", a déclaré Alassane Ouattara. "Nous avons pu briser le mur de glace et le mur de silence", a renchéri Henri Konan Bédié, les deux hommes promettant d'autres rencontres à venir.

"La paix est la chose la plus chère à tous les deux"

C'était la première rencontre entre les deux hommes – rivaux depuis 30 ans sur la scène politique ivoirienne – depuis l'élection présidentielle du 31 octobre, boycottée par l'opposition, qui n'en reconnaît pas les résultats. Et même depuis août 2018, après la rupture politique entre les deux hommes, longtemps alliés.

"Nous allons dans les jours et semaines à venir continuer à nous téléphoner et à nous rencontrer pour qu'enfin le pays soit ce qu'il était avant", a promis Henri Konan Bédié. "La paix est la chose la plus chère à tous les deux et à tous les Ivoiriens et nous avons décidé d'œuvrer pour qu'il en soit ainsi", a assuré le président Ouattara, alors que la Côte d'Ivoire est secouée depuis trois mois par des violences électorales qui ont fait 85 morts et près de 500 blessés.

Des leaders arrêtés, bloqués à leur domicile

Selon le ministre de la Communication Sidi Touré, le bilan global des troubles politiques qui ont souvent dégénéré en affrontements intercommunautaires, surtout dans le sud-est de la Côte d'Ivoire, s'établit à 85 morts et 484 blessés. Il y a eu 34 morts avant le scrutin, 20 le jour du vote et 31 après, a-t-il détaillé mercredi, ajoutant que 225 personnes ont été interpellées, 167 inculpées et 45 écrouées.

L'opposition, qui ne reconnaît pas les résultats de l'élection présidentielle du 31 octobre, avait lancé un campagne de "désobéissance civile" puis un "Conseil national de transition" (CNT) censé remplacer Alassane Ouattara.

Plusieurs leaders de l'opposition, dont l'ancien Premier ministre Pascal Affi N'Guessan, son porte-parole, ont été arrêtés, alors que d'autres sont bloqués à leur domicile par les forces de l'ordre.

Le président Ouattara avait dans une adresse à la Nation lundi proposé une rencontre à "son aîné" le président Bédié.

Levée des blocus

Mercredi, un communiqué du PDCI insistait sur plusieurs préalables à cette rencontre, dont la levée des blocus des résidences et la cessation des poursuites judiciaires contre les responsables de l'opposition.

Le blocus de la résidence d'Henri Konan Bédié était effectivement levé, mais celui chez Assoa Adou, un des leaders de l'opposition, était toujours en place vers 13 h, a dit ce dernier à l'AFP.

Symboliquement, la rencontre entre MM. Ouattara et Bédié s'est déroulée au Golf Hôtel d'Abidjan. C'est dans cet hôtel qu'Alassane Ouattara, alors président élu, s'était installé avec son gouvernement mais aussi ses alliés de l'époque, dont Henri Konan Bédié, lors de la crise de 2010-2011 qui l'opposait à Laurent Gbagbo.

Avec AFP