Côte d’Ivoire: report du recensement électoral, mais pas de la présidentielle

Pas de report de l’élection présidentielle envisagé en Côte d’Ivoire. C’est ce qu’a indiqué le président de la Commission électorale, Ibrahime Kuibert-Coulibaly, ce jeudi 23 avril. Pourtant le processus prend mécaniquement du retard du fait de la pandémie de Coronavirus.

Avec notre correspondant à Abidjan, Pierre Pinto

« Jusqu’à preuve du contraire, les élections auront lieu à la date du 31 octobre 2020 », a répondu Ibrahime Kuibert-Coulibaly à des journalistes qui l’interrogeaient sur un possible report. La Commission électorale (CEI) garde le cap, pour l’instant.

Le recensement électoral devait commencer le 18 avril et s’achever le 2 mai. 11 000 bureaux devaient accueillir les électeurs désireux de se faire inscrire sur les listes, c’est-à-dire les jeunes majeurs et ceux qui veulent changer de lieu de résidence. Outre ces cas de figure, le renouvellement des listes ne concerne pas la plupart des 6,5 millions de personnes qui y sont déjà inscrites, assure-t-on d’ailleurs à la CEI.

Quoiqu’il en soit, l’opération est reportée du fait des restrictions imposées par les autorités dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Coronavirus. « Les superviseurs ne peuvent se déplacer vers l’intérieur du pays, mais le recensement aura lieu », explique le porte-parole de la CEI. « Mais on n’est pas en retard sur le calendrier. Il n’est pas question de reporter les élections pour l’instant, affirme Emile Ebrotié. S’il arrive un moment où on est hors délai, on avisera.  »

Les principaux partis d'opposition ne demandent pas de report

Depuis quelques jours, la question d’un possible report des élections dû à la pandémie de Covid-19 revient. Le 9 avril, le GPATE, groupement d’organisations de la société civile « pour une transparence électorale » appelait le gouvernement à « envisager le report des élections générales de 2020 ».

Mais côté des principaux partis politiques de l’opposition, aucun ne l’a encore demandé officiellement. Seule l’URD, petite formation alliée du PDCI, a clairement pris position et s’est même prononcée en faveur d’une transition politique. L'option a été balayée il y a quelques jours par le Premier ministre et candidat du RHDP Amadou Gon Coulibaly qui n’a pas pour autant éteint le débat.