Côte d’Ivoire : le procès du bombardement de Bouaké s’ouvre à Paris

Qui a donné l’ordre de frapper les militaires français à coup de roquettes sur le camp de Bouaké, en Côte d’Ivoire, en novembre 2004 ? Aucune réponse, malgré 14 années d’instruction judiciaire. Les juges de la cour d'assises de Paris pourraient poser la question à quatre témoins, cités par les avocats des victimes et de leurs familles et très attendus au procès qui débute lundi 29 mars. Ce sont Dominique de Villepin, Michel Barnier, Michèle Alliot-Marie et Jean-Pierre Raffarin, quatre serviteurs de l’État en poste au moment des faits. Selon les parties civiles, la France aurait laissé s’échapper les pilotes des avions de chasse responsables de l’attaque. Bavure ou complot ? Neuf tués, trente blessés Le bombardement a coûté la vie à neuf soldats de Poitiers (Vienne) et Angoulême (Charente), en blessant une trentaine d’autres. Grands absents de ce procès, les pilotes biélorusses et deux copilotes ivoiriens. Ces hommes sont visibles sur des images tournées par des officiers du renseignement français. Des individus brièvement interpellés, mais sans jamais avoir été interrogé par la justice. Poursuivi pour assassinat, l’un des pilotes est mort, les autres sont toujours en cavale. Dominique de Villepin a fait savoir qu’il ne viendrait pas au procès. Michel Barnier, ex-ministre des Affaires étrangères, et Michèle Alliot-Marie, ex-ministre de la Défense, se tiennent à la disposition de la justice, tout comme Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre en place.