En Côte d’Ivoire, d’anciens fournisseurs de l’Assemblée nationale réclament des impayés

Une vingtaine d’entreprises réclament à l’Assemblée nationale plus d’un milliard et demi de FCFA de factures impayées, pour 2017 et 2018. Des petites patrons qui ne comprennent pas pourquoi Amadou Soumahoro, président de l’Assemblée nationale, depuis 2019 se refuserait à les payer depuis son arrivée.

Avec notre correspondant à Abidjan, Pierre Pinto

1,652 milliard de FCFA d’impayés (2,5 millions d’euros). Voilà ce que réclament à l’Assemblée nationale 23 petits patrons à bout de nerfs.

Construction d’une salle d’attente, travaux de réhabilitation, livraisons de fourniture de bureau ou de matériel informatique : autant de prestations fournies en 2017 et 2018, lorsqu’un certain Guillaume Soro était le président de l’Assemblée.

Ces fournisseurs payent-ils le fait d’avoir travaillé avec celui qui est devenu le paria du régime ? C’est probable, estime Drissa Coulibaly, le président du collectif Cofanci : « Il y a un truc politique derrière. Or nous ne faisons pas de la politique. Nous ne connaissons pas Guillaume Soro, on ne l'a jamais vu. Nous n'avons pas eu les marchés grâce à Guillaume Soro. Tout est légal. M. Amadou Soumahoro, dès qu'il est arrivé, a diligenté un audit et jusque-là... rien. Il refuse de payer. »

Amadou Soumahoro, l'actuel président de l'Assemblée a reçu ces patrons quand ils ont envahi ses bureaux en 2020. Le dossier a ensuite été transmis à la présidence, a fait le tour des ministères, mais est revenu à l’Assemblée, qui dispose de son propre budget. Mais la situation est toujours bloquée, alors le collectif entend mener des actions si rien ne bouge d’ici au 6 septembre. « Nous allons venir avec nos familles, avec des nattes, prévient Drissa Coulibaly. On va dormir devant l'Assemblée nationale. Tant qu'il ne nous paye pas, nous n'allons pas quitter les lieux. Ça fait quand même trois ans. »

Personne à l’Assemblée nationale n’était disponible pour répondre à nos questions.

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