Cérémonie des Molières 2020 : fastidieuse levée de rideau

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« Nous allons vivre un phénomène encore plus rare qu'une éclipse de soleil : le réveil d'un théâtre. » Préposée à la présentation de cette édition 2020, Marie-Sophie Lacarrau ne mégote pas sur la métaphore. Et la journaliste de réveiller Alex Lutz et Elsa Zylberstein faussement assoupis dans les fauteuils du théâtre du Châtelet...

À l’image de cette laborieuse mise en scène, la soirée d’hier a fidèlement reflété la situation du théâtre post-déconfinement : une belle cylindrée tâchant désespérément de relancer l’allumage.

Depuis le 2 juin, les salles de spectacle ont pu rouvrir en zone verte, à condition de ceindre leurs spectateurs d’un masque. Mais, comme l’a souligné Jean-Marc Dumontet, producteur des Molières, contrairement au cinéma, « il ne suffit pas d’allumer la lumière pour que ça reparte, Il nous faut du temps pour créer de nouveaux spectacles ou les remettre au goût du jour, pour ensuite penser la commercialisation et examiner les disponibilités des acteurs. On a été les premiers à fermer, on sera les derniers à rouvrir. »

La salle quasi-vide du Châtelet symbolise cet encalminage. Seuls l’occupent les nommés (non masqués). Et encore, la cérémonie a été préenregistrée sur quatre jours, ce qui réduit d’autant l’assistance. À l’annonce de son prix, le gagnant reste à sa place pour se livrer aux remerciements d’usage. On lui tend alors le micro…avec une lingette désinfectante. «

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