Cérémonie d'hommage : une statue qui dérange

Durant l'hommage, solennel, qui s'est déroulé ce lundi matin aux Invalides un détail a parfois dérangé les internautes : la statue où les proches des victimes déposaient leurs gerbes de fleurs représente une femme décapitée, tenant sa tête dans les mains. D'où quelques posts surpris, voire outrés :



En fait, si cette statue fait douloureusement écho au terrorisme djihadiste, elle n'a pas du tout été sculptée dans ce contexte. Créé par Nicolas Alquin en 1998, cette statue-fontaine en bronze, baptisée “La parole portée” avait été commandée par “SOS Attentat”, l’ancêtre des associations de victimes d’aujourd’hui.

“Les paroles de la victime portées au-delà de la mort”

A l’époque, Françoise Rudetzki, la présidente de l’association, expliquait au site “Terrorisme.net “ : “C’est le résultat d’une rencontre avec l’artiste Nicolas Alquin qui a sculpté dans le bronze une statue représentant une femme dont la tête décapitée repose dans ses mains mais dont les paroles continuent à sortir de la bouche ; cela symbolise les paroles de la victime portées au-delà de la mort. C’est notre message d’espoir, notre souci de justice et de vérité. Cette sentinelle rappelle à tous que les auteurs d’acte de terrorisme doivent être poursuivis et condamnés selon nos règles démocratiques. A travers la justice, notre but est de lutter contre le terrorisme. Cette sculpture est également une fontaine, car l’eau est le symbole de la vie dans toutes les civilisations”.

“La force de l'esprit contre la force brutale”

En 1998, lors de la première cérémonie d’hommage aux victimes organisée aux Invalides, l'ex-otage au Liban, Jean-Paul Kauffmann, avait eu ces mots à son sujet : “la sculpture de Nicolas Alquin nous rappelle le caractère évident, éternel, éclatant de cette vérité : on ne fait pas taire un homme en le supprimant. La tête porte la parole au-delà de la mort. La tête, manifestation de l'être, principe de vie. La force de l'esprit contre la force brutale. Mais les bourreaux ont été de tous des gens naïfs. Au départ, ils ne mesurent pas que ces morts-là vont être terriblement vivants. Ils ne tardent pas à s'apercevoir que leurs victimes parlent, qu'elles pensent, qu'elles jugent, qu’elles agissent, qu'elles accusent. de manière autrement plus efficaces que nous savons le faire, nous pauvres vivants”.

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