Céréales ukrainiennes : un accord déjà compromis après les frappes sur Odessa ?

La signature de l'accord visant à évacuer les céréales ukrainiennes bloquées dans les ports de la mer Noire est une petite lueur d'espoir dans une guerre qui s'éternise. Mais pour certains analystes, l'accord est précaire et peut être utilisé comme une "arme de guerre". Des bombardements signalés samedi sur le port d'Odessa fragilisent déjà le texte signé vendredi.

"Je pense que l'accord de manière générale peut se rompre à tout moment à l'avenir pour différentes raisons, ou la Russie peut le rompre en utilisant divers prétextes" explique Nikolai Petrov, chercheur à l'institut Chatham House.

"La Russie demandait que certaines sanctions soient levées ou atténuées. Jusqu'à présent, nous ne connaissons pas les détails exacts de cet accord, mais évidemment les dirigeants russes ne souhaitent pas laisser passer ces céréales sans obtenir quelque chose de sérieux en échange" analyse-t-il.

Bombardement du port d'Odessa

Côté ukrainien, cet accord est la preuve que Kyiv "peut résister dans cette guerre" a déclaré Volodymyr Zelensky vendredi soir.

"Le plus important, c'est que notre pays doit tout contrôler dans les eaux territoriales de l'Ukraine" a ajouté le président ukrainien.

"_Il est clair pour tout le monde qu'il peut y avoir des provocations de la part de la Russie et des tentatives de discréditer les efforts ukrainiens et internationaux"_a-t-il dit. Des propos qui sont survenus seulement quelques heures avant un bombardement présumé de la Russie sur le port d'Odessa.

"L'ennemi a attaqué le port d'Odessa avec des missiles de croisière de type Kalibr. Deux missiles ont été abattus par la défense antiaérienne", a annoncé un porte-parole de l'administration de la région d'Odessa, Serguiï Bratchouk, dans un communiqué posté sur les réseaux sociaux.

Kyiv a immédiatement accusé Vladimir Poutine d'avoir "craché au visage" de l'ONU et de la Turquie en bombardant ce port de la mer Noire, affirmant que Moscou assumerait "l'entière responsabilité" de l'échec de l'accord sur les exportations de céréales signé la veille à Istanbul.

25 millions de tonnes

La principale mesure découlant de l'accord est la mise en place de "couloirs sécurisés" afin de permettre la circulation en mer Noire des navires marchands, que Moscou et Kiev s'engagent à "ne pas attaquer", a expliqué un responsable des Nations unies.

Il sera valable pour "120 jours", le temps de sortir les quelque 25 millions de tonnes accumulées dans les silos d'Ukraine tandis qu'une nouvelle récolte approche.

Les négociateurs ont toutefois renoncé à nettoyer la mer Noire des mines - principalement posées par les Ukrainiens pour protéger leurs côtes. L'ONU a précisé que des "pilotes ukrainiens" ouvriraient la voie aux cargos dans les eaux territoriales.

Quant aux inspections des navires au départ et en direction de l'Ukraine, exigées par la Russie pour empêcher de les utiliser pour amener des armes, elles devront avoir lieu dans les ports d'Istanbul.

Pour sa part, l'Union africaine s'est "félicitée" samedi de l'accord signé entre la Russie et l'Ukraine pour débloquer les exportations de céréales, un "développement bienvenu" pour le continent qui fait face à un risque accru de famine.

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles