Céréales : des navires continuent de quitter les ports ukrainiens malgré le retrait russe

En dépit de la la décision russe de suspendre sa participation à l'accord sur les céréales, des navires chargés de ces denrées alimentaires continuent de quitter les ports ukrainiens. Selon le Centre de coordination conjointe (JCC), chargé de superviser l'accord et basé à Istanbul, plus d'une douzaine de cargos étaient prêts à traverser la mer Noire ce lundi 31 octobre. Quatre autres bateaux devaient se diriger d'Istanbul vers l'Ukraine après inspection de leurs cales ce même jour.

Fervents soutiens de cet accord signé en juillet, la Turquie et l'ONU appuient le maintient de ces exportations. "Grâce cet accord négocié à Istanbul, nous avons permis une réduction relative de la crise alimentaire mondiale, en distribuant 9,3 millions de tonnes de blé ukrainien, a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdoğan le 31 octobre, La Turquie poursuivra ses efforts pour trouver une solution à la crise alimentaire mondiale, comme elle l'a fait jusqu'à présent, bien que la Russie hésite à propos de ce compromis, car les mêmes facilités ne sont pas prévues pour elle."

La Russie a justifié son son retrait de l'accord par les attaques sur sa flotte dans la baie de Sébastopol en Crimée le 29 octobre. Lundi, le porte-parole de son gouvernement, Dmitri Peskov a soutenu que son pays ne pouvait continuer à mettre en place cet accord dans ces conditions et qu'il lui était impossible de "garantir la sûreté de la navigation (des navires) dans ces zones". Cependant pour Kyiv, les raisons évoquées par Moscou sont un "prétexte" pour ne pas respecter ses engagements."Jusqu'à présent, les faits montrent que les dirigeants russes sont plus intéressés par l'exacerbation de la crise alimentaire que par la mise en œuvre des documents signés. Leur réaction montre ce dont ils sont capables à tous ceux qui parlent de négociation avec la Russie." a affirmé Volodymyr Zelensky.

Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, 45 pays, dont 33 en Afrique dépendent de l'arrivée de ces céréales pour répondre aux besoins alimentaires de leur population. Les incertitudes qui pèsent sur l'avenir de cet engagement ont aussitôt provoqué un rebond des prix sur les marchés internationaux, la tonne de blé dépassant les 354 euros sur Euronext en séance.