Céline Pina: «La parole politique doit maintenant être à la hauteur»

Pina, Céline
/ CHARLES PLATIAU/AFP

FIGAROVOX/TRIBUNE - Des gaffes à répétition de la porte-parole du gouvernement à la tolérance assumée à l’égard d’une partie de la population, le sommet de l’État n’est pas à la hauteur de sa rhétorique martiale, estime l’essayiste.

Ancienne élue locale, Céline Pina est essayiste et militante. Elle est la fondatrice de «Viv(r)e la République», elle a également publié Silence coupable (Kero, 2016).

«Nous n’entendons pas demander à un enseignant qui aujourd’hui ne travaille pas compte tenu de la fermeture des écoles, de traverser toute la France pour aller récolter des fraises» a déclaré Sibeth Ndiaye, à l’issue de conseil des ministres ce mercredi 25 mars, suite à l’appel du gouvernement de rejoindre «la grande armée de l’agriculture française». L’exemple a fait scandale, blessant les professeurs qui essaient d’assurer, malgré la situation, la continuité pédagogique et poussant immédiatement la porte-parole à s’excuser. Mais le mal était fait. Or dans la période anxiogène et violente que nous traversons, tout accroc dans la communication suscite la défiance et le rejet, fracture l’union sacrée face au danger et sape l’autorité et la capacité d’action du pouvoir. Plus que jamais le manque de professionnalisme, de sensibilité et de compétence peuvent avoir des conséquences dramatiques sur la réception du message, l’acceptation des contraintes et l’adhésion aux mesures nécessaires. En cela l’accumulation de maladresses peut être à la fois dommageable et dangereuse.

En communication de crise, le principal problème est de rétablir la confiance entre l’émetteur et le récepteur du discours pour que le message soit entendu. Pour cela, un des fondamentaux est de faire taire le plus de personnes possibles: pour être maîtrisée quand la tempête est là, la communication doit reposer sur un nombre très restreint de personnes autorisées. La prise de parole doit être courte, simple, signifiante quand elle est informative, habitée si elle doit être empathique, solennelle quand (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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