Cédric Jimenez de retour avec "Novembre", sur les attentats de 2015: "Nous avons attendu la fin du procès"

Cédric Jimenez de retour avec "Novembre", sur les attentats de 2015: "Nous avons attendu la fin du procès"
Jean Dujardin dans
Jean Dujardin dans

Un an après le succès de Bac Nord, sur la violence des quartiers Nord de Marseille, le réalisateur Cédric Jimenez retrouve les salles obscures ce mercredi 5 octobre avec un sujet tout aussi sensible: celui des attentats du 13-Novembre 2015. Sobrement intitulé Novembre, ce long-métrage porté par Sandrine Kiberlain, Jean Dujardin et Anaïs Demoustier raconte les cinq jours de traque qui ont suivi la soirée des attaques pour retrouver deux survivants du commando terroriste. Une volonté de raconter "l'onde de choc plus que le choc", comme l'explique le cinéaste ce lundi sur BFMTV:

"Cette enquête est finalement assez peu connue", explique-t-il. "On sait comment elle finit, on en connaît l'articulation, les moments-clés, mais ça me paraissait intéressant de raconter la façon dont ils ont travaillé pendant cinq jours (...) et la façon dont la fonction publique peut répondre démocratiquement à ce genre d'événement terrible sans se laisser envahir par la colère, les émotions, etc."

En résulte un film sous haute tension, à la hauteur de la pression considérable qui pèse alors sur les agents de la Sous-direction anti-terroriste: "Il ne faut pas oublier qu'[à ce moment-là] il y a une récidive très probable (...) Chaque minute peut devenir un nouveau drame. La pression est immense, l'obligation de résultat aussi." D'autant qu'à cette étape de l'enquête, la police ne sait rien: "C'est très difficile pour eux de trouver deux hommes sans en connaître l'identité, sans savoir pourquoi ils sont partis, s'ils sont encore en France..."

"Coller à la réalité"

Cédric Jimenez et le scénariste Olivier Demangel avaient à cœur de "coller à la réalité au maximum": "On parle d'un évènement beaucoup trop lourd pour prendre des libertés fictionnelles trop importantes", explique le réalisateur. C'est pourquoi ils ont travaillé avec des acteurs de l'enquête: "Il n'y a qu'eux qui peuvent nous dire ce qui s'est passé pendant ces cinq jours à l'intérieur du service. C'est un service dont les dossiers sont évidemment très sensibles, donc très secrets."

La sortie de Novembre intervient quelques mois après le verdict du procès, en juin dernier, durant lequel 19 des 20 prévenus ont été reconnus coupables des chefs d'accusation retenus contre eux:

"Nous avons attendu la fin du procès pour plusieurs raisons. D'abord parce que c'est la moindre des choses, ensuite parce que le film se termine par des cartons qui donnent le verdict. [Novembre] parle vraiment des cinq jours après les attentats (...), le résultat n'avait pas d'incidence sur ce qu'il y a à l'intérieur (du film). Mais on avait besoin de connaître le verdict, ne serait-ce que pour l'annoncer à la fin."

Périodes de doute

Cédric Jimenez ne cache pas avoir connu des périodes de doute lors du tournage: "On se demande ce que l'on a le droit de faire, comment on va filmer cette scène, pourquoi on devrait la filmer... Le maître-mot, c'est d'être précautionneux, respectueux, humble. Essayer de se mettre au service du sujet avant tout."

Il y a quelques semaines, "Sonia", témoin-clé qui a permis de localiser le chef des commandos du 13-Novembre 2015, avait entamé des démarches judiciaires contre le film. Notamment parce qu'elle ne portait pas le voile islamique, contrairement à ce qui apparaît dans le long-métrage. Un accord a été trouvé pour qu'un bandeau rectificatif soit diffusé avant le générique.

"Nous avons accepté ce qu'elle a demandé, et elle a elle-même dit dans la presse qu'elle avait beaucoup aimé le film, qu'il était très respectueux et fidèle", note Cédric Jimenez.

Article original publié sur BFMTV.com