Agnès Buzyn reconnaît le manque de masques mais se défausse

Anthony Berthelier

POLITIQUE - “Je ne peux pas laisser dire que nous n’avons pas anticipé.” Auditionnée par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la gestion de l’épidémie de coronavirus, Agnès Buzyn s’est défendue pied à pied sur son action au ministère de la Santé avant son départ pour la course à la mairie de Paris.

Alors que les critiques sur l’impréparation et les atermoiements du gouvernement dans cette crise sanitaire inédite n’ont jamais cessé depuis le mois de mars, l’ex-candidate aux municipales estime avoir tout bien fait quand elle était aux responsabilités. “L’anticipation” en France face à l’épidémie de coronavirus a été “sans commune mesure avec les autres pays européens” et “toujours en avance” par rapport aux alertes des organisations internationales, a-t-elle notamment avancé ce mardi 30 juin, avalanche de dates à l’appui. 

Et lorsque les questions se sont fait plus pressentes sur des points emblématiques de la gestion de la pandémie, Agnès Buzyn n’a pas hésité à se défausser. La pénurie de masques, par exemple? Ce n’était pas de sa responsabilité.

“Cela ne revient pas au ministre”

“Oui, ça n’arrive pas, on le sait après (...) je l’ai vécu moi-même comme soignante quand je suis allée travailler, je le sais”, a-t-elle par exemple répondu à la députée insoumise Caroline Fiat qui l’interrogeait sur le fait que beaucoup de soignants n’aient pas vu la couleur des commandes en masque de l’État. 

“En fait les produits viennent de Chine. Et la Chine a confiné 100 millions de personnes et fermé ses usines. (...) nous avons appris que la matière première des sur-blouses était produite à Wuhan, pour le monde entier”, a-t-elle ajouté pour justifier le retard dans l’acheminement des commandes. Et de fait, la tension dans les hôpitaux, contraints de travailler parfois avec des équipements de fortune. 

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