Burundi: lors de la fête d'indépendance, le président charge la Belgique

AFP - TCHANDROU NITANGA

Le Burundi fêtait jeudi le 60e anniversaire de son indépendance. Une occasion pour le président Evariste Ndayishimiye de faire un triste bilan de ces décennies, reconnaissant que le pays ne s'est pas développé. La faute selon lui, aux anciens colonisateurs, faisant allusion à la Belgique sans jamais la citer. Et pour la première fois, un représentant de la Belgique a fait un mea culpa.

Le président burundais a accusé la Belgique d'être à l'origine de pratiquement tous les maux du Burundi, notamment les divisions ethniques qui ont causé de nombreuses guerres. Ce qui, selon Evariste Ndayishimiye, a relégué le pays au bas de l’échelle sur le plan économique. Car le Burundi est classé pays le plus pauvre du monde selon la Banque mondiale.

Lorsque le Burundi devient une colonie de l'Allemagne avant de tomber sous la coupe de la Belgique, c'est un pays bien organisé avec à sa tête un roi de droit divin qui appartient à une dynastie vieille de plusieurs siècles. Unité de la nation burundaise, son savoir-faire dans tous les domaines ou encore respect de l'autorité, « la colonisation va tout détruire sur son passage », selon le président Ndayishimye.

« Après le départ des colons, les Burundais sont restés dans des conflits incessants parce que l’âme des Burundais avait été corrompu par le venin de la division inoculé par ces étrangers. Et ce dans le but de nous brouiller pour avoir un prétexte leur permettant de revenir pour nous dominer »

Est-ce un début de reconnaissance de son rôle ? Un officiel belge a présenté jeudi lors des festivités marquant la fête de l'indépendance du Burundi « les profonds regrets » du roi de Belgique pour la colonisation au Burundi. « J’ai eu l’honneur de participer à la visite du roi Philippe il y a quelques semaines à Kinshasa. Il a exprimé à cette occasion de profonds regrets pour les injustices commises lors de la période coloniale. C’est pourquoi le roi des Belges m’a redemandé de venir sur place ici pour convoyer également ce message. »

Mais ce n'est pas sûr que ces seules paroles vont suffire pour solder les comptes puisque le Burundi attend notamment de la Belgique qu'elle reconnaisse son rôle dans l'assassinat en 1961 du père de son indépendance, le prince Louis Rwagasore.