Le Burkina Faso vote sous la pression terroriste

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Des pans entiers du territoire privés de vote, des candidats placés sous protection, des isoloirs et bulletins convoyés par hélicoptère... Voici la sombre ambiance qui entoure les élections présidentielle et législatives organisées aujourd’hui au Burkina Faso. Elle contraste avec celle du précédent scrutin il y a cinq ans. À l’époque, le "pays des hommes intègres" surfait encore sur l’euphorie du départ de Blaise Compaoré. Élu président, l’ancien Premier ministre Roch Marc Christian Kaboré avait promis "une rupture totale avec l’ancien système".

Aujourd’hui, les mots du chef de l’État, qui brigue un nouveau mandat et reste le favori du jour, font moins rêver : "Priorité au travail militaire", a-t-il répété jeudi sur les ondes de Radio France internationale (RFI), en référence à la lutte contre les mouvements djihadistes et à l’insécurité qui a gangrené le pays. En cinq ans, plus de 1.200 personnes, dont 1.000 civils, ont été tuées dans des violences. Le nombre de déplacés internes dépasse le million. Ils n’étaient que 40.000 il y a deux ans.

Dans 1.500 villages des zones classées rouge, dans le Nord et le Nord-Est, les inscriptions sur les listes électorales n’ont pas pu se faire. Résultat : 17,7% du territoire ne participe pas au vote. "Si vous ajoutez les zones classées orange, alors 35 % du pays est potentiellement exclu des élections", note Ornella Moderan, de l’Institut d’études de sécurité (ISS) à Bamako (Mali). Com...


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