Le Burkina Faso sabre définitivement les troupes françaises

PHOTO VINCENT BADO / REUTERS

La vague anticolonialiste qui a commencé au Mali et qui a emporté l’ambassadeur de France accrédité dans ce pays ainsi que les forces françaises en opération sur le sol malien depuis 2013 semble avoir fait des émules au Burkina Faso voisin.

Ce dernier a demandé, en milieu de semaine dernière, le départ, dans un mois, de la force Sabre, installée depuis 2018 à Kamboinsin, dans la zone périurbaine de Ouagadougou. [Plus précisément, le gouvernement burkinabè a dénoncé le 18 janvier l’accord qui régit depuis 2018 la présence des forces armées françaises sur son territoire, selon l’Agence d’information du Burkina (AIB)].

Ce retrait plus que probable se fera entre le soulagement de ceux qui soutiennent mordicus que les troupes françaises n’ont rien à faire ici, et la relative indifférence de la majorité des Burkinabè, qui sont plutôt préoccupés par la situation sécuritaire figée et l’avenir du pays, qui reste quotidiennement en proie aux atrocités commises par des hordes terroristes.

Un camouflet pour la France

Une chose est sûre, c’est un camouflet de plus pour la France, dont la politique paternaliste, hégémonique et ambivalente a fini par ancrer dans l’opinion publique burkinabè le sentiment que les objectifs de sa présence militaire au “pays des Hommes intègres” ont toujours été flous et n’ont jamais été conformes aux intérêts du pays.

À la veille de cette annonce, des centaines de manifestants hostiles à la métropole se sont réunis au centre-ville de Ouagadougou pour dénoncer l’inadmissibilité de l’ingérence de la France dans les affaires intérieures du Burkina, son incurie pour ne pas dire sa complicité avec des groupes terroristes responsables d’attaques ultraviolentes dans des zones qu’ils ont placées de facto sous blocus.

L’expulsion des forces spéciales intervient presqu’un mois jour pour jour après le renvoi du territoire burkinabè de deux citoyens français interpellés à la mi-décembre pour activités d’espionnage, alors que quelques jours plus tôt, le 3 décembre exactement, c’est la diffusion des programmes de Radio France internationale qui avait connu une suspension immédiate.

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