Burkina Faso: les préoccupations des étudiants à la veille de la présidentielle

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Ce dimanche, près de 6,5 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour un double scrutin législatif et présidentiel au Burkina Faso. Dans un pays où plus de 40% de la population a entre 18 et 30 ans, le vote des jeunes pourrait avoir son importance concernant le choix du prochain président. Rencontre avec ses étudiants électeurs sur l’un des plus grands campus de la capitale, Ouaga 1.

Avec notre envoyée spéciale à Ouagadougou,

Il y a foule sur le campus de l’université Ouaga 1, ce vendredi. C’est l’heure du déjeuner, les étudiants se regroupent et forcément, la présidentielle de ce dimanche revient régulièrement dans les discussions.

« C’est la deuxième fois que je vais voter ». Pour Nadège pas de doute, elle ira voter parce que pour cette étudiante en psychologie de 23 ans, c’est la seule façon d’espérer un changement : « Faut pas s'assoir à la maison, critiquer sans voter. Si tu votes, tu contribues vraiment à changer les choses, alors que si tu ne votes pas, même si tu parles ça ne fait rien. »

Sa principale préoccupation, aujourd'hui c’est l’emploi. Trouver un travail pour subvenir aux besoins de sa famille. Elle dit d’ailleurs avoir épluché les programmes des candidats avant de faire son choix.

À ses côtés, sur le campus de Ouaga 1, Bernard, lui, a une autre priorité. Un thème devenu l'un des principaux de cette campagne : la situation sécuritaire. Alors ce qu’il attend du prochain président, c’est d’agir dans la lutte contre le terrorisme : « Parce qu’actuellement, c’est le problème crucial. Maintenant, presque tous les jours, nous avons des cas d’attaques dans le pays et nous avons des parents qui vivent dans des localités éloignées qui souffrent réellement. »

Plus de 6% des bureaux de vote fermés

C’est un problème que connaît bien Ahmadi. Ce week-end, cet étudiant ne rentrera pas pour le scrutin chez lui dans son village du nord du pays. Un déplacement inutile, explique-t-il, puisque son bureau de vote fera partie des 6% de ceux qui n’ouvriront pas dimanche en raison de cette insécurité. « Ça me touche beaucoup, parce que je voudrais que la population de mon village puisse participer à cette élection. Je suis très désolé, ça me touche vraiment beaucoup. »

Isaï, un autre étudiant, nous confie qu’il n’ira pas voter non plus ce dimanche. Il s’est bien enrôlé, il a sa carte d’électeur et son bureau sera ouvert. Pour lui, c’est sa décision, un choix parfaitement assumé. Une façon de ne pas se prêter à un jeu électoral auquel il ne croit plus, assure-t-il.