Burkina Faso : « Le pays pensait ne jamais vivre ça »

Propos recueillis par Marlène Panara

Drapeau national en main les Burkinabè soutiennent du mieux qu'ils peuvent les forces de défense et de sécurité.

ENTRETIEN. Cinq ans après la chute du régime de Blaise Compaoré, le pays est au bord du gouffre en raison des attaques djihadistes. Les explications de l'historien Benoît Beucher.


Octobre 2014, des milliers de Burkinabè investissent les rues. Leur principale exigence est une revendication qui revient souvent en Afrique : empêcher la volonté présidentielle de changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Durant quelques jours, ils défilent dans toutes les grandes villes du pays pour dire « non » à la modification de l'article 37. Le 31 octobre, le régime s'écroule. Une chute qui met fin à 27 ans de règne de Blaise Compaoré. Son exil en Côte d'Ivoire fait place à une transition de treize mois menée par Michel Kafando et Isaac Zida, puis à la présidence de Roch Marc Christian Kaboré, élu le 29 novembre 2015. L'ancien Premier ministre du Burkina Faso – de 1994 à 1996 – devient le premier président civil du pays depuis l'indépendance du pays en 1960.

Sur le papier, l'histoire et surtout l'enchaînement pacifique des événements forcent le respect à l'internationale. Mais depuis trois ans, le Burkina Faso fait face à une détérioration galopante de sa situation sécuritaire. L'attentat de Ouagadougou, le 15 janvier 2016, est le premier d'une longue série d'attaques perpétrées sur le sol burkinabè, autrefois réputé pour sa stabilité. Alors cinq ans après, quel bilan tirer de la 2e « révolution burkinabè » ? Benoît Beucher, chercheur affilié à l'Institut des mondes africains (Imaf) et auteur de Manger le pouvoir au Burkina Faso, la noblesse Mossi à l'épreuve de l'Histoire, répond au Point Afrique.

Le Point Afrique : En quelques années, la situation sécuritaire au Burkina s'est largement dégradée. Le pays subit-il, comme il a souvent été dit au début des attaques, la faiblesse de la région tout entière ? Dans quelles proportions les autorités nationales ont-elles aussi leur part de responsabilité ?

Benoît (...)

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