Burkina Faso: «corona-villa», «covidé» ou «cache-nez», les mots du Covid-19

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Depuis l’apparition des premiers cas de Covid-19 dans le pays en mars 2020, les jeunes Burkinabè ont transposé les expressions liées à la pandémie dans leur quotidien. Il leur fallait développer une sorte de résilience face à une maladie qui n’avait pas de vaccin et dont le nom seul semait la peur. Allons à la découverte de ces expressions « covidées », c’est-à-dire liées au Covid-19.

Avec notre correspondant à Ouagadougou, Yaya Boudani

Pour ces jeunes Burkinabè, face à la pandémie, il fallait transposer les expressions liée au covid19 dans leur quotidien. Ils considèrent cela, comme une sorte de résilience face à la pandémie.

« "Être covidé" veut dire être atteint de Coronavirus, explique Philippe Somé. Il y a l’expression "observer le confinement bucal total", qui veut dire tout simplement garder le silence face à une situation. Il y a aussi une expression qui est celle de "corona-villa", parce que notamment dans le contexte du Burkina Faso, on se dit qu’après la maladie, ces personnes vont s’ériger des villas cossues. ».

« Les poches sont confinées », « le débat est covidé »

C’est d’ailleurs avec humour que ces expressions sont utilisées pendant leurs échanges. Si les populations doivent apprendre à vivre avec le coronavirus, cela doit se faire dans la bonne humeur, selon Fréderic Tindano.

« On constate parfois, glisse-t-il, avec amusement et humour, aussi, que les Burkinabè ont fait entrer dans l’espace public ces expressions que l’on peut retrouver, comme par exemple, "les poches sont confinées", qui veut dire qu’il n’y a plus d’argent, que les temps sont durs. On peut entendre aussi que "le débat est covidé". Cela veut dire qu’il n’y a pas d’issue, c’est bloqué. »

« Quand on dit, par exemple, dans une discussion où vous entendez dire "apporter", c’est une façon de douter d’une information qui a été donnée par quelqu’un, poursuit Frédéric Tindano. Vous avez aussi "nous portons le cache-nez" ou "nous portons le masque". C’est une façon de dire que je ne participe plus au débat, parce que je n’ai plus envie. »

Pour ces jeunes, l’utilisation de ces expressions est une forme de lutte contre la pandémie de Covid-19.

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