Burkina: 11 personnes décèdent à l’unité anti-drogue de Ouagadougou

Le gouvernement a reçu les parents des victimes ce samedi 20 juillet pour calmer les esprits. Les familles s’étaient mobilisées tôt le matin devant la morgue pour manifester contre le silence des autorités.Tôt ce samedi 20 juillet, certains parents sont déjà à l’entrée de la chambre mortuaire. Un peu plus loin, des policiers stationnés suivent le rassemblement. Un agent recommande aux familles de se rendre plutôt au ministère de la Sécurité pour une rencontre.► Lire aussi : 11 personnes retrouvées mortes à l’unité anti-drogue de OuagadougouDevant l’immeuble qui abrite le ministère, le ton commençait à monter au sein des familles, qui reprochent aux autorités de leur avoir dit qu’elles pouvaient enlever les corps sans aucune autre information sur la suite de l’enquête. Venu de Bobo Dioulasso, Habib Traoré n’accepte pas « la manière dont ça a été dit de récupérer les corps ». Oncle d’une victime, il affirme avoir « le droit de savoir ce qu’il s’est passé ».Après l'inhumation, l'attente d'informationsAprès un peu plus d’une heure de discussions avec le ministre de la Sécurité et celui de la Justice, les familles acceptent finalement de procéder à l’identification et à l’inhumation des corps. Mais elles ne savent toujours pas les circonstances des décès et s’inquiètent que l’enquête ne subisse le même sort que d’autres dossiers.« Personnellement, je m’en fiche pas mal des résultats de l’autopsie, puisqu’on ne nous a pas demandé notre avis avant de la faire. S’il s’agissait de notre volonté, peut-être que l’enterrement aurait été fait il y a quatre ou cinq jours » déplore un proche. « Tout le temps, c’est comme ça : quand on tue des gens, c’est l’autopsie, le gouvernement doit s’occuper de ça, c’est toujours la même chose, rien n’a changé », rappelle un autre.Les familles souhaitent connaître les conclusions de l’enquête judiciaire dans les meilleurs délais.

Au Burkina Faso, onze personnes ont été retrouvées mortes, ce lundi 15 juillet, à l’unité anti-drogue de la police, à Ouagadougou. Ces personnes avaient été placées en garde à vue, dans le cadre d’une enquête de la police nationale. Le procureur a annoncé qu’une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de ces morts.

Ces personnes retrouvées mortes, ce lundi 15 juillet, font partie d’un groupe d’individus interpellés vendredi, samedi et dimanche derniers dans le cadre d’une enquête sur le trafic et la consommation de drogue.

Plusieurs personnes parmi lesquelles des clients, des revendeurs, des fournisseurs et consommateurs étaient ainsi tombés dans les filets de l’unité anti-drogue, selon une source sécuritaire.

Le procureur du Faso informe qu’une enquête a été immédiatement ouverte aux fins de déterminer les circonstances de ces décès. Des médecins légistes ont entamé les examens et autopsies des corps.

Plusieurs suspects, interpellés dans le cadre de la même affaire, ont été admis dans des centres de santé pour des examens complémentaires, afin de savoir si leur vie n’est pas en danger.

« On doit vite savoir si ces individus n’ont pas avalé des capsules de drogue ou d’autres substances dangereuses », ajoute notre source sécuritaire.