Buffy a 20 ans : pourquoi il n'est pas trop tard pour (re)découvrir la série

[Url href='https://twitter.com/JejeSeries']Jérémie Dunand [/Url]

Il y a 20 ans, le 10 mars 1997, la chaîne américaine The WB lançait une petite série du nom de... Buffy contre les vampires. Un drama, en apparence pour ados, mêlant surnaturel et rélexion sur l'adolescence, la vie, et la mort, qui, sans que personne ne s'y attende, allait marquer toute une génération de téléspectateurs, propulser son actrice principale, Sarah Michelle Gellar, au rang de star (à l'époque tout du moins), et faire de son créateur, le scénariste et réalisateur Joss Whedon (Firefly, Dollhouse, Avengers), un dieu vivant pour tous les mordus de la jolie tueuse.

Au cas où vous seriez passés à côté du phénomène Buffy, ou que vous étiez tout simplement trop jeunes (voire même pas nés) à l'époque de sa diffusion en France sur Série Club ou sur M6, voilà pourquoi la série, toujours aussi intelligente et pertinente, mérite encore le coup d'oeil aujourd'hui.

Avec Buffy, le "girl power" a un nom

"À chaque génération, il y a une tueuse". Une Élue que le destin a propulsé, malgré elle, en héroïne forcée de porter le poids du monde sur ses épaules. Lorsque débute "Bienvenue à Sunnydale", le double épisode pilote de la série, Buffy Summers, interprétée par Sarah Michelle Gellar, veut juste être une adolescente comme les autres. Mais malheureusement pour elle, son quotidien va être tout autre. Car Buffy a été "choisie" pour sauver le monde des vampires et autres créatures démoniaques, au même titre que Kendra, Faith, ou les tueuses potentielles (introduites et "activées" au cours de la saison 7) après elle.


Et c’est là l’une des grandes forces de Buffy. En faisant de son héroïne une lycéenne badass, Joss Whedon, le créateur de la série, détourne les codes bien connus des films d’horreur, à savoir une blonde souvent écervelée poursuivie par un meurtrier ou un grand méchant monstre, pour faire de sa blonde une prédatrice, et non plus une proie. Une jeune femme qui manie les pieux et les coups de pied comme personne, et qui n’a pas peur de mettre une bonne raclée aux créatures les plus effrayantes. Bref, Buffy est sans conteste une incarnation du "girl power", mais aussi une figure importante du féminisme, qui ne se définit pas en fonction des hommes qui l’entourent (comme trop d'héroïnes de séries), mais plutôt en fonction de ses actes et de sa mission de tueuse. En 20 ans, on n’a pas vraiment fait mieux sur le petit écran et des séries comme Alias ou Nikita lui doivent forcément beaucoup.

Le Scooby Gang contre les vampires

Buffy a beau être l’un des personnages les plus forts que le petit écran nous ait offerts, la petite protégée de Giles (Anthony Stewart Head) ne serait rien sans son cercle d’amis. Une petite bande composée au départ de Willow (Alyson Hannigan), Alex (Nicholas Brendon), et Cordelia (Charisma Carpenter), qui seront ensuite rejoints par Oz (Seth Green) ou Tara (Amber Benson), et qui aide en permanence Buffy dans sa mission, alors même que les tueuses qui l’ont précédée étaient désespérément seules. Et c’est ça qui fait toute la différence. Avec eux, Buffy est plus forte, elle peut affronter toutes les Apocalypses. Alors que lorsqu’elle est seule, mise à l’écart du groupe (comme à la fin de la saison 2 ou dans le premier épisode de la saison 3), elle est plus vulnérable que jamais.


En faisant du "Scooby Gang" (surnom donné par les fans à Buffy et à ses amis) l’élément central de son intrigue, Buffy prouve qu’elle est aussi une série sur l’amitié (Friends n’a pas le monopole après tout), et nous offre par la même occasion une brochette de personnages plus attachant les uns que les autres. Qui participent pour beaucoup à l’humour de la série (on pense notamment à Alex, Cordelia, ou encore Anya et Spike durant les saisons 4 à 7) et nous ont ému aux larmes durant certaines scènes (comment oublier la rupture entre Willow et Oz, ou la "déclaration" de Alex à Willow durant le final de la saison 6). Sans oublier de permettre à la série de s’imposer en pionnière, en proposant l’un des premiers couples gays importants du petit écran (avec Willow et Tara), à une époque où les exemples n’étaient pas légion.

Buffy, ou les démons de l'adolescence

Mais ce qui demeure, aujourd’hui encore, comme l’un des points forts de la série, c’est ce qu’elle raconte et les thématiques qu’elle balaye derrière sa façade de "série fantastique pour ados". Car Buffy est évidemment bien plus universelle et plus intelligente que ce terme réducteur peut le laisser penser. C’est une série qui, par le biais des vampires et autres démons, parle de la vie de tous les jours, et des épreuves qui vont avec. Car si dans Buffy le lycée est littéralement construit sur une Bouche de l’Enfer (une sorte de portail entre la Terre et l’Enfer, qui attire toutes les créatures démoniaques de la région), pour beaucoup d’adolescents, le lycée c’est tout simplement l’Enfer. Une période difficile à vivre, durant laquelle chacun a ses propres démons à affronter.


La série est donc avant tout une métaphore de l’adolescence, et on en prend pleinement conscience au cours des deux premières saisons, grâce aux différents "monstres de la semaine" que le Scooby Gang va croiser (dont un "jeune homme" rencontré sur internet et qui n’est pas ce qu’il paraît être dans "Moloch", ou une adolescente devenue invisible à force d’être ignorée dans l’épisode "Portée disparue"). Et puis il y a évidemment la relation entre Buffy et Angel (David Boreanaz), le vampire doté d’une âme, qui permet d’évoquer la peur de la sexualité (et plus précisément de la première fois), la transformation d’Angel en Angelus faisant écho à la peur de voir l’autre changer une fois l’acte sexuel consommé.

Des épisodes cultes à la sauce Whedon

Et puis Buffy c’est évidemment des épisodes inoubliables, que l’on doit à Joss Whedon et à son équipe de scénaristes (qui comptait, entre autres, David Greenwalt, Marti Noxon, Jane Espenson, David Fury, et Drew Goddard). Des épisodes qui sont parfois parvenus à hisser la série au rang de chef-d’œuvre, en osant des paris risqués, surtout pour un programme à destination d’un public globalement assez jeune. On pense notamment à l’épisode de la saison 4 "Un silence de mort", qui a la particularité d’être presque totalement muet et met en scène les Gentlemen, qui sont probablement les méchants les plus effrayants et les plus dérangeants de toute la série. Mais aussi à "À la dérive", dans lequel Buffy se réveille dans un hôpital psychiatrique et pense avoir imaginé les six dernières années, ou encore à "Orphelines", l’un des épisodes les plus marquants de Buffy, centré sur le thème du deuil (on n’en dira pas plus pour ceux qui ne l’auraient pas vu).


Sans oublier le bijou de télévision qu’est "Que le spectacle commence", le septième épisode de la saison 6. Un épisode musical, dans lequel un démon contraint nos héros à chanter et à danser, et qui rend ainsi hommage aux comédies musicales hollywoodiennes. L’occasion d’entendre Sarah Michelle Gellar et ses acolytes pousser la chansonnette (à voir en VO donc…) sur des titres écrits et composés tout spécialement par Joss Whedon. Qu’on soit fan ou non de Buffy, impossible de passer à côté de ce moment suspendu, qui montre à quel point la série de The WB (reprise dès la saison 6 par UPN) savait être innovante à plus d’un niveau.

Bref, si vous n’avez pas encore eu l’occasion de découvrir Sarah Michelle Gellar dans la peau de Buffy Summers, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Ah oui, Buffy c’est aussi une générique inoubliable :

 

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