Budget de la Sécu : les motions de censure du RN et de LFI rejetées à l’Assemblée

La Première ministre Elisabeth Borne à l’Assemblée nationale le 31 octobre 2022
GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP via Getty Images La Première ministre Elisabeth Borne à l’Assemblée nationale le 31 octobre 2022

POLITIQUE - Encore rejetées. Ce lundi 31 octobre deux motions de censure ont été présentées à l’Assemblée nationale par le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI). Aucune des deux n’a atteint le seuil requis de 289 députés pour être adoptée. Elles ont respectivement récolté 90 et 218 voix. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale de la majorité devrait être ainsi validé en première lecture et passer au Sénat.

Ce vote se déroulait alors que l’exécutif a déclenché une troisième fois l’article 49.3 de la Constitution pour faire passer l’ensemble du budget de la Sécurité sociale sans vote en première lecture. Un quatrième recours serait envisagé par le gouvernement, ont indiqué plusieurs sources au sein du camp présidentiel à l’AFP.

LFI fait cavalier seul

La première motion de censure, défendue lundi après-midi par le porte-parole du RN Sébastien Chenu, a fustigé un gouvernement « sourd aux appels au changement acté par les législatives ». Le député RN s’en est pris longuement à Élisabeth Borne, « bon moine soldat du macronisme » qui « applique docilement la doxa libérale ». Défendant la « priorité nationale », il a affirmé que l’exécutif « abîme le modèle social ».

Sébastien Chenu a également annoncé devant l’Assemblée nationale que, comme la semaine passée, les députés RN comptaient voter « toute autre motion » présentée en des « termes acceptables, destinée à vous faire revoir votre copie dans l’intérêt de la France et des Français ». Une manière indirecte de dire qu’ils allaient voter la motion présentée par LFI.

Pour sa propre motion de censure présentée aussi ce lundi, LFI n’a pas eu les appuis de tous les partis de la NUPES. Le groupe des députés insoumis a accusé l’exécutif de « ne tenir qu’à un fil », celui de la « matraque parlementaire » du 49.3. Avec « l’usage répété » de cet article, l’oratrice LFI Clémence Guetté a critiqué un « acte brutal », « preuve éclatante » de « l’isolement » et de la « minorité » du camp présidentiel, privé de majorité absolue à l’Assemblée nationale.

« Le 49.3 est un échec, votre échec », a considéré Olivier Faure, numéro un du PS, à l’adresse de Mme Borne. Mais « la motion est un argument ultime » et à en déposer à chaque fois, « on prend le risque d’affaiblir la force du message ».

Socialistes et écologistes ont en outre martelé qu’ils ne voteraient « jamais aucune motion du RN ». Et « vos voix, nous n’en voulons pas », a exhorté Sébastien Jumel (PCF) en se tournant vers les bancs les plus à droite.

À voir également sur Le HuffPost :

Lire aussi