"Ce budget des hôpitaux, c'est une honte !"

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Des mandarins aux chevelures piquées de fils d'argent, en colère parce que la vie de leurs infirmières, de leurs aides-soignantes sans cesse se dégrade. Des médecins, des carabins au coude à coude avec des pompiers, des ambulanciers, hissant des banderoles "On crève, l'hôpital public n'est pas une entreprise" et portant des cercueils pour réclamer la réanimation de leurs hôpitaux.

Saint-Louis, fondé en 1606 par Henri IV, La Pitié-Salpêtrière, Lariboisière, Cochin, Mondor, Robert Debré et tant d'autres venus de Marseille, de Brest… Tout le patrimoine hospitalo-universitaire, notre "trésor national" dixit la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a défilé par milliers ce jeudi 14 novembre depuis Port-Royal à Paris.

"En trente ans, c'est la première fois que je descends dans la rue, s'anime Nicolas, professeur en dermatologie. Mais cette fois, c'est trop : il y a peu, dans mon service, nous manquions de cortisone pour atténuer les souffrances de nos malades couvert de bulles de dermatose. Faute de stocks, nous avons dû leur prescrire des médicaments moins efficaces". "Bientôt, on ne pourra plus soigner la syphilis en recrudescence", gronde en passant un confrère pour attirer l'attention sur ses difficultés d'approvisionnement en pénicilline. Aussi, quand ils ont entendu que les dépenses des hôpitaux seraient en 2020 plafonnées à 2,1% quand leur croissance naturelle, pour tenir compte du vieillissement de la population, serait de 4,5%, ces praticiens chevronnées et ces internes se sont demandé s'il y a avait encore un capitaine dans le bateau.

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