Budapest semble faire marche arrière sur l'université de Soros

Des opposants à une nouvelle loi qui pourrait menacer l'existance de l'Université d'Europe centrale en Hongrie. Le gouvernement hongrois n'a pas exclu mercredi que l'université financée par l'homme d'affaires américain George Soros puisse continuer de fonctionner en dépit de l'adoption d'une loi qui semble menacer son existence. REUTERS/Bernadett Szabó

BUDAPEST (Reuters) - Le gouvernement hongrois n'a pas exclu mercredi que l'université financée par l'homme d'affaires américain George Soros puisse continuer de fonctionner en dépit de l'adoption d'une loi qui semble menacer son existence.

Ce texte exige des universités internationales qu'elles disposent d'un campus à Budapest et dans leur pays d'origine, ce qui n'est pas le cas pour l'Université d'Europe centrale (CEU).

Les Etats-Unis ont prié les autorités hongroises de ne pas appliquer cette loi dont la promulgation a provoqué dimanche des manifestations antigouvernementales parmi les plus importantes que le Premier ministre Viktor Orban ait eu à subir.

Sur le site d'information hvg.hu, le secrétaire d'Etat à l'Education, Laszlo Palkovics, a déclaré que la CEU pourrait continuer de fonctionner à condition qu'elle octroie ses diplômes et dispense ses enseignements via sa filiale hongroise.

"Nous n'avons jamais voulu fermer la CEU", dit-il. "La question de savoir si la CEU veut obtenir une licence en Hongrie ou dispenser en Hongrie des cours sanctionnés par un diplôme de la CEU a peu d'importance."

Zoran Kovacs, porte-parole du gouvernement hongrois, a indiqué que le gouvernement ne suspendrait pas l'application de la loi contestée tout en ajoutant : "Nous allons discuter avec tout le monde, si l'université Soros est guidée par de bonnes intentions, le problème pourra être résolu".

La législation promue par le parti Fidesz du Premier ministre visait tout particulièrement l'université anglophone, créée en 1991 par George Soros, homme d'affaires américain né en Hongrie, notamment pour étudier la transition démocratique et libérale des pays de l'ex-bloc de l'Est.

Le Premier ministre conservateur, connu pour ses positions anti-immigration, s'est souvent montré très critique envers Georges Soros et son idéal de "société ouverte".

Plus de 500 universitaires internationaux, dont 17 lauréats du prix Nobel, ainsi que les Etats-Unis et l'Union européenne, se sont élevés contre le projet de loi.

(Marton Dunai, Nicolas Delame pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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