Bryant, Dominici, Mendy, ces icônes du sport décédées en 2020

·5 min de lecture

La star de la NBA Kobe Bryant, l’ancien ailier de l’équipe de France de rugby Christophe Dominici, le champion du monde de boxe franco-sénégalais Jean-Baptiste Mendy, le Congolais fondateur des Jeux africains Jean-Claude Ganga : le monde du sport a beaucoup perdu en 2020.

L’étoile Kobe Bryant

Avant la mort de Diego Maradona le 25 novembre, il y a eu l’immense choc de l’annonce du décès de Kobe Bryant, le 26 janvier, à 41 ans. L’émoi suscité par la disparition de l’Argentin nous a tous rappelé ce douloureux souvenir du début de l’année 2020, quand le « Black Mamba » est mort dans un accident d'hélicoptère près de Los Angeles avec huit autres personnes, dont sa fille Gianna.

Véritable légende de la NBA, considéré par certains comme le successeur naturel de Michael Jordan, Kobe Bryant avait remporté cinq fois le titre avec les Los Angeles Lakers, la franchise de sa vie pour laquelle il a joué vingt saisons de 1996 à 2016. Le double médaillé d’or olympique avec « Team USA » (2008, 2012), était une incroyable machine à marquer : à 34 ans, il fût le plus jeune joueur de l'histoire de la NBA à franchir la barre des 30 000 points durant une carrière. Il en a par exemple inscrit 81 lors d'un match contre Toronto en janvier 2006.

Son décès a suscité une très vive émotion à travers la planète, témoignant ainsi de son immense popularité auprès de toute une génération qui a découvert la prestigieuse Ligue nord-américaine de basket-ball à partir du milieu des années 1990, moment de son ouverture aux yeux du monde.

David Stern, l’homme qui a révolutionné la NBA

La mondialisation de la NBA, c’est lui qui en est à l'origine. Si partout sur la planète il a été possible de voir les exploits de Michael Jordan, puis de Kobe Bryant et aujourd’hui de LeBron James, c’est parce que David Stern, décédé des suites d’une hémorragie cérébrale le 1er janvier, a fait de la NBA une marque mondiale lorsqu'il en était le patron de 1984 à 2014.

Avant son mandat, la ligue souffrait d’une très mauvaise image (problèmes de racisme et de drogues) et les audiences n’étaient pas au rendez-vous. Avec les Michael Jordan, Larry Bird, Magic Johnson, il parvient à exporter le « produit » NBA partout dans le monde malgré le décalage horaire. Puis, il ouvre davantage la Ligue aux joueurs étrangers au début des années 2000 pour faire éclore notamment Tony Parker, Dirk Nowitzki ou encore Yao Ming. Avec lui, la NBA est également passée de 23 à 30 franchises et les revenus des acteurs ont atteint des sommets. Les joueurs ont su s’en souvenir au moment de lui rendre hommage.

Abdoulaye Sèye, un Sénégalais patron du basket mondial

Il connaissait très bien David Stern puisqu’il a été président de l’instance dirigeante du basket-ball international (FIBA) au cours du mandat de l’Américain. Le Sénégalais Abdoulaye Sèye, patron de la FIBA de 1998 à 2002, est décédé le 28 juin, à 90 ans. Avant de prendre les rênes du basket mondial, l’ancien joueur avait dirigé la Fédération sénégalaise de 1974 à 1993, avant d’être porté à la tête de la FIBA Afrique. Aujourd’hui, c’est un autre Africain qui préside la Fédération internationale, le Malien Hamane Niang.

Christophe Dominici, le « French flair » c’était lui

L’ancien ailier du XV de France alliait audace, vision, vitesse et courage sur le terrain. Un symbole du fameux « French flair », expression que l’on ressort après une action virevoltante de génie.

Christophe Dominici, s’est donné la mort le 24 novembre, à 48 ans. Un choc pour nombre d’amoureux du rugby, et pas seulement en France. Car ce petit ailier d’1m72, cinq fois champion de France avec le Stade Français, avait aussi remporté quatre Tournois des Six Nations et participé à une finale de Coupe du monde en 1999, après avoir inscrit un essai d'anthologie en demi-finale contre la Nouvelle-Zélande.

Ses 25 essais en 67 sélections en disent long. Seuls cinq joueurs ont fait mieux que lui en Bleus. Dominici était un génie, la quintessence d'un rugby qui vous éblouit.

Jean-Baptiste Mendy « le Diamant » parfaitement poli

67 combats pour 55 victoires dont 31 par KO, le poids léger Jean-Baptiste Mendy était un géant de la boxe anglaise. Né à Dakar, ce Franco-sénégalais a été, à la fin des années 1990, champion du monde WBA et WBC (deux des quatre plus prestigieuses fédérations internationales). Surnommé « Le Diamant », Jean-Baptiste Mendy était réputé pour son élégance sur le ring. Il s’est éteint le 31 août des suites d’un cancer du pancréas, à 57 ans.

Jean-Claude Ganga, père des Jeux Africains

Il a été le grand artisan de la création des Jeux Africains dont la première édition s’est tenue en 1965 dans sa ville, Brazzaville. Jean-Claude Ganga, ancien ministre des Sports du Congo-Brazzaville et président du comité olympique africain (ACNOA), est décédé le 28 mars 2020, à 86 ans.

Jean-Claude Ganga était aussi en première ligne dans la lutte contre l’Apartheid. Il a grandement contribué au boycott par de nombreuses nations africaines des Jeux de Montréal 1976. Une protestation continentale en raison de la présence lors de ces JO de la Nouvelle-Zélande qui avait envoyé son équipe de rugby à XV en Afrique du Sud pour une tournée.

Le Congolais a, bien plus tard, en 1999, été exclu du CIO pour des accusations de corruption dans le cadre de la candidature de Salt Lake City pour l’attribution des Jeux d’hiver 2002. Il a toujours clamé son innocence.

Ils nous ont également quittés en 2020

Nicolas Portal, ancien coureur cycliste français, devenu directeur sportif d’Ineos, a succombé à un infarctus du myocarde le 3 mars, à 40 ans

Navid Afkari, lutteur iranien de 27 ans, exécuté le 12 septembre. Il avait été condamné à mort par le régime iranien pour le meurtre d'un fonctionnaire lors d' « émeutes » en 2018. Navid Afkari et sa famille ont toujours nié cette accusation, soutenant qu’il a été contraint aux aveux sous la torture, et victime d’un scénario imaginé par les services de renseignement iraniens.