Bruxelles : la Belgique en marche contre la peur

Une “marche contre la terreur” se tient dimanche 17 avril à Bruxelles, en Belgique, afin de rendre hommage aux disparus des attentats du 22 mars. Un rassemblement qui intervient au lendemain de la sortie polémique du ministre de l’Intérieur belge.

Près d’un mois après les attentats de l’aéroport de Zaventem et de la station de métro de Maelbeek, les Belges se sont donné rendez-vous, dimanche 17 avril, pour une “marche contre la terreur”, à Bruxelles. 

Un cortège de 3.200 personnes est parti, sur le coup de 14 heures, de la garde du Nord tandis que 900 autres se sont réunies sur le parvis Saint Jean-Baptiste de Molenbeek. Mais selon les autorités, la marche en mémoire des victimes des attentats rassemble moins de participants que prévu. 

Anonymes, politiques et représentants religieux présents

Au départ, 15.000 personnes étaient en effet attendues. Un chiffre qui pourrait néanmoins tout de même être atteint au cours de la manifestation qui comprend notamment divers représentants religieux mais aussi des victimes des attentats du 22 mars ainsi que des hommes et femmes politiques. Le cortège se dirigera notamment vers la place de la Bourse, devenue un symbole depuis les attentats. Ici, des secouristes, des familles de victimes ou encore des membres du personnel de l’aéroport de Zaventem s’exprimeront devant la foule.

Un homme tenant un tract, le 22 mars, place de la Bourse - AFP 

Une sortie polémique

Cette marche intervient après la sortie polémique de Jan Jambon, samedi. Le ministre de l’Intérieur belge, cadre du parti nationaliste flamand, a en effet affirmé, au cours d’une entrevue accordée au quotidien De Standaard “qu’une partie significative des musulmans avait dansé lors des attentats”.

”Du populisme pour surfer sur la peur”

Alexis Deswaef, président de la Ligue des droits de l’homme, présent dans le cortège de la ‘marche contre la terreur » a tenu à commenter cette affirmation : “Il faut arrêter de stigmatiser des communautés, les juifs, les réfugiés et en premier lieu la communauté musulmane. Il est scandaleux d'entendre notre ministre de l'Intérieur dire ces derniers jours qu'une part significative de la communauté musulmane a dansé à l'annonce des attentats à Bruxelles. On ne lâche pas bombes comme ça, c'est du populisme pour surfer sur la peur des gens et pour diviser”.

Les proches des victimes reçus par le Premier ministre

Le Premier ministre Charles Michel, accompagné de ses vice-premiers ministres, a quant à lui fait savoir qu’il recevra les proches des victimes à l’issue de la marche.

Le 22 mars dernier, les attentats de Bruxelles faisaient 32 morts et plusieurs centaines de blessés. Quatre jours plus tard, un premier rassemblement était prévu mais avait dû être annulé pour des raisons de sécurité.