Comment Bruno Le Maire s'emploie (en vain) à rassurer Edouard Philippe

Edouard Philippe n'a pas attendu que Bruno Le Maire fasse entendre sa petite musique sur les retraites pour penser qu'il voulait sa place. Entre ces deux grands garçons à la tête bien faite et aux hautes ambitions, ça a commencé il y a longtemps, quand Le Maire était en "Prép'ENA" et que Philippe faisait son service militaire. C'était en 1994. Dix ans après, Philippe se souvenait encore avoir été "bluffé" – c'est son mot – par le fait que Le Maire entretenait alors une relation épistolaire avec Paul Auster.

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"Vous vous rendez compte : il était étudiant et il parlait d'un écrivain comme d'un ami", nous raconta-t-il à cette époque non sans une pointe d'admiration. Ajoutant : "Bruno est un type cultivé et intelligent, plutôt bien câblé. Il met une distance entre le monde politique et lui ; ce n'est pas du mépris. Cette distance, c'est lui."

Edouard Philippe trop méfiant?

Quinze ans après – dont de nombreuses années passées à servir des héros irréconciliables : Alain Juppé pour l'un, Dominique de Villepin pour l'autre – cette même "distance" ­irrite le ­Premier ministre. "Édouard n'aime pas les têtes qui dépassent ; or celle de Bruno ­dépassera toujours", décrypte l'un des confidents du chef du gouvernement. Le Premier ministre "ne pardonnera pas" – dixit ce confident – au ministre de l'Économie d'avoir, dans les moments de crise, que ce soit celle des ­Gilets jaunes ou celle des retraites, à l'occasion des dialogue...


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