Le bruit augmenterait le risque de développer la maladie d’Alzheimer

·2 min de lecture
Le bruit est un facteur de risque de démence

Une large étude portant sur deux millions de personnes montre un lien entre le trafic routier et ferroviaire... et la démence.

Comme il n’existe pas de traitement pour soigner la maladie d’Alzheimer, comprendre ses mécanismes d’apparition est crucial. Plusieurs études ont déjà montré que le bruit était un facteur de risque de démence. Une nouvelle recherche, considérée comme "très importante" par son ampleur et sa durée, publiée dans le BMJ, vient confirmer ces résultats.

Pour cette étude, les chercheurs ont passé au crible les données de deux millions d’adultes âgés de plus de 60 ans vivant au Danemark sur plus d’une décennie. Ils ont notamment été attentifs à leur lieu de résidence et à leur exposition au bruit ambiant.

Vidéo. Dr Christian Recchia : "Pour éviter la maladie d’Alzheimer, il y a un certain nombre de choses que l’on maîtrise, que l’on peut faire"

Les effets néfastes du bruit sur la santé

Après avoir pris en compte les facteurs potentiellement influents liés aux voisins et au quartier, l'étude a conclu que 1 216 des 8 475 cas de démence, et en particulier de la maladie d’Alzheimer, enregistrés au Danemark en 2017, pouvaient être attribués au bruit des transports. Parmi ceux-ci, "le diagnostic de 963 patients a été attribué au bruit de la circulation routière et de 253 patients au bruit des chemins de fer".

L'étude étant observationnelle, la cause n’a pu être clairement être établie. Les chercheurs avancent tout de même plusieurs théories pour expliquer les effets néfastes du bruit sur la santé. La libération d'hormones de stress et les troubles du sommeil engendrés peuvent favoriser l'apparition de maladies cardiaques, des changements dans le système immunitaire et une inflammation. Des caractéristiques qui sont liées à l'apparition de la démence.

"Une priorité de santé publique"

Outre les facteurs de risque bien établis, tels que l’âge et une mauvaise alimentation entre autres, les scientifiques pensent que les facteurs environnementaux jouent un rôle dans le développement de la démence. Leur recherche veut inciter les gouvernements à ajuster leur politique de santé publique afin de diminuer l’impact de la pollution sonore. "La réduction du bruit par le biais de programmes de transport et d'aménagement du territoire ou de codes du bâtiment devrait devenir une priorité de santé publique", écrivent-ils.

La démence est un enjeu mondial. Selon les prévisions de l’OMS, 82 millions de personnes pourraient être concernées en 2030 et 152 millions d'ici 2050.

Ce contenu peut également vous intéresser :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles