Bruce Springsteen n'a plus un cheveu blanc

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On a beau être le Patron, avec des cheveux tout neufs sur le haut du crâne, on n'en est pas moins hanté par la fuite du temps. Bruce Springsteen nous avait prévenus dans son autobiographie, Born to Run, parue en 2016 : la dépression n'est pas incompatible avec les moulinets de guitare. Et côté moral, il semble que les choses ne se sont pas améliorées pour le John Steinbeck de la Fender Telecaster, si l'on en admet la teneur textuelle de son vingtième album, Letter to You, sorte de triste missive envoyée à la face du vieux monde.

En aparté de cet album scellant les retrouvailles avec son groupe ­fétiche, l'E Street Band, l'indéfectible démocrate de 71 ans a confié qu'il prendrait le premier avion pour l'Australie si Donald Trump en venait à retrouver, dans une semaine, son fauteuil à la ­Maison-Blanche. Néanmoins, nulle trace de couplets politiques dans cet album succédant, un an et demi après seulement, à Western Stars. Seuls quelques vers semblent faire écho à l'actualité : "The criminal clown has stolen the throne/He steals what he can never own."

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Le premier album avec la musique comme sujet 

Autrement, c'est une veine intros­pective, et largement mélan­colique, qui parcourt l'objet. Tout d'abord, One Minute You're Here s'inscrit sur un mode "que sont mes amis devenus que j'avais de si près tenus?" servi dans un dépouillement folk à la Ghost of Tom Joad, avant que la machine ne s'emballe, avec force power ...


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