La bronchiolite sature les hôpitaux d’Île-de-France

Face à une épidémie précoce de bronchiolite et à un manque de personnel, les hôpitaux d’Île-de-France sont contraints de transférer des enfants hospitalisés vers d’autres régions (photo d’illustration prise en Haute-Savoie en 2016).
BSIP / Universal Images Group / Getty images Face à une épidémie précoce de bronchiolite et à un manque de personnel, les hôpitaux d’Île-de-France sont contraints de transférer des enfants hospitalisés vers d’autres régions (photo d’illustration prise en Haute-Savoie en 2016).

SANTÉ - La vague commence à être trop importante pour le système de santé en Île-de-France. La saturation des services de réanimation pédiatriques dans les hôpitaux franciliens, alors que sévit depuis début octobre une épidémie de bronchiolite, a déjà contraint les établissements à transférer 28 enfants vers des services de réanimation d’autres régions, a indiqué l’Agence régionale de santé d’Île-de-France à l’AFP ce lundi 31 octobre.

La région « est en phase épidémique de bronchiolite depuis le 3 octobre. Il est constaté une nette augmentation des passages aux urgences des enfants depuis trois semaines », indique l’ARS, précisant qu’« à ce jour, en Île-de-France, 28 transferts en réanimation pédiatrique ont été effectués vers d’autres régions ». Du fait d’un recul des gestes barrières lié au repli du Covid, de nombreux spécialistes alertaient en effet dès 2021 sur une possible vague épidémique d’ampleur cette année.

Un problème de personnel

« Chaque hiver, les établissements pédiatriques de la région font face à des tensions en raison des épidémies hivernales, notamment avec la bronchiolite. Cette année, cette période coïncide avec un contexte difficile engendré par des tensions sur les ressources humaines en santé », explique l’agence, qui souligne que le nombre de lits est inférieur à ce qu’il était en 2021.

« Actuellement, 27,5 % des passages aux urgences pour bronchiolite des enfants de moins de 2 ans sont suivis d’une hospitalisation », selon l’ARS.

Or cette épidémie de bronchiolite, précoce cette année comme l’an dernier, se conjugue avec des difficultés à recruter des soignants, notamment des infirmières, dans les services pédiatriques.

Des assises de la pédiatrie ont été promises

Le 22 octobre, un collectif de 7 000 soignants en pédiatrie a adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron pour déplorer des conditions de travail et une prise en charge inadaptées, résultats d’une « inaction politique irresponsable ». En réponse à ce cri d’alarme, le ministre de la Santé, François Braun, avait annoncé la mise en place d’un « plan d’action immédiat » et le déblocage de 150 millions d’euros pour « les services en tension de l’hôpital », et promis l’organisation au printemps d’« assises de la pédiatrie ».

Des mesures « inadéquates » et « cyniques » selon le collectif Pédiatrie, qui a annoncé qu’il se rendrait le 2 novembre à l’Élysée pour remettre un courrier au chef de l’État.

L’ARS a expliqué à l’AFP avoir élaboré « un plan d’action pour préparer le dispositif hivernal et soutenir les équipes hospitalières », notamment en ouvrant la Cellule régionale d’appui Bronchiolite (CRAB) permettant de chercher des places pour les malades.

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