Bronchiolite: la kiné respiratoire désormais déconseillée pour les nourrissons

C’est une petite révolution dans la prise en charge de la bronchiolite: la Haute autorité de santé (HAS) déconseille désormais la kinésithérapie respiratoire pour cette pathologie très courante chez les nourrissons. La HAS actualise ainsi des recommandations vieilles de 19 ans.

Toux, respiration rapide et sifflante… Ces symptômes caractérisent la bronchiolite. Cette infection des petites bronches touche 480.000 nourrissons chaque hiver, soit près d’un bébé de moins de deux ans sur trois (30%).

En présence de cette maladie, depuis des décennies, les médecins prescrivent de la kinésithérapie respiratoire. Cela consiste à aider le bébé à évacuer les glaires vers la gorge et la bouche par des pressions manuelles au niveau des côtes, du ventre.

Les parents qui y ont eu recours s’en souviennent toujours. Et c’est rarement un bon souvenir. Cette technique est désormais déconseillée par la Haute autorité de santé (HAS), dans ses nouvelles recommandations.

Une méthode "contreproductive"

"Nous n’avons aucun niveau de preuve de cette méthode. Chez les enfants hospitalisés, atteints des formes les plus graves, la kinésithérapie respiratoire est non seulement inutile mais sûrement contreproductive. Cela va aggraver l’état de l’enfant, qui est déjà fatigué et a du mal à respirer", estime le professeur Pierre-Louis Druais, médecin généraliste et vice-président de la commission recommandations de la HAS.

Dans le détail, la kiné respiratoire est donc "contre-indiquée" à l’hôpital, et "non recommandée" en médecine de ville.

"Nous sommes le seul pays avec la Belgique à prescrire la kiné respiratoire. Dans les autres pays, on voit que l’évolution n’est pas plus péjorative: les enfants guérissent de la même manière", ajoute Pierre-Louis Druais.

Trois stades de gravité

Pour la première fois, la Haute autorité de santé et le Conseil National Professionnel de Pédiatrie (CNPP) ont défini trois stades de gravité pour cette pathologie.

Les formes légères, dans lesquelles le bébé continue à prendre plus de la moitié de son alimentation habituelle, ne nécessitent pas d’hospitalisation: le médecin de premier recours (médecin généraliste, pédiatre, PMI…) explique la technique du lavage de nez aux parents et leur donne des conseils pour surveiller l’évolution de l’état de santé de leur enfant.

Quant aux formes modérées, avec une prise alimentaire inférieure à la moitié des quantités habituelles, l’institution estime qu’elles doivent faire l’objet d’une "évaluation pour une orientation vers une prise en charge en ville ou, au cas par cas, à l’hôpital".

Enfin, les formes graves, tout comme les bébés de moins de 6 mois, sont orientées systématiquement vers l’hôpital et si besoin vers une unité de soins intensifs.

Le lavage de nez "va aider l’enfant à mieux respirer"

Selon les estimations, seuls 2 à 3% des nourrissons de moins d’un an seraient hospitalisés chaque hiver. Pour l’écrasante majorité des cas, la prise en charge repose sur le lavage de nez.

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