Britanniques, qui êtes-vous ?

Dessin de Magee paru dans The Guardian, Londres.

Lorsque les États-Unis se sont engagés dans la Seconde Guerre mondiale et ont annoncé leur intention d’envoyer des troupes au Royaume-Uni, les Britanniques leur ont demandé une faveur : soit laisser les Africains-Américains chez eux, soit les stationner dans un autre pays. Cette requête tenait toutefois moins au racisme des Britanniques qu’à leur réticence à faire appliquer le racisme américain sur leur propre territoire.

Cette demande s’accompagnait d’une bonne dose d’hypocrisie. À l’époque, l’Empire britannique comptait plus de sujets de couleur que d’habitants au Royaume-Uni. Tous les sujets habitant en dehors du Royaume-Uni vivaient dans un système de ségrégation codifiée. Mais à la manière des gens qui, tout en appréciant la viande, refuseraient de fréquenter un abattoir, le Royaume-Uni maintenait ses lois discriminatoires à bonne distance. Ainsi, ces pratiques passaient, d’une certaine manière, inaperçues.

Un problème inattendu

Le malaise des autorités britanniques n’en était pas moins réel. L’arrivée de soldats noirs américains et citoyens de seconde classe suscitait une grande inquiétude dans les hautes sphères. Au bout du compte, les Britanniques décidèrent d’héberger les soldats américains dans des baraquements pouvant être séparés et tentèrent d’éviter que Blancs et Noirs ne sortent les mêmes soirs.

Une fois sur place, une difficulté imprévue apparut : la plupart des Britanniques préféraient les Africains-Américains à leurs frères d’armes blancs. Ils étaient, entre autres, plus généreux avec leurs rations et se plaignaient moins des canalisations et de la nourriture. “Le consensus général de l’opinion publique, écrit George Orwell en 1943, semble être que les seuls soldats américains possédant un minimum de savoir-vivre sont les Noirs.”

Non pas que ces relations aient été dénuées de problèmes. Il y avait des bagarres, des affronts, des injustices, mais le sentiment général, d’après les documents de l’époque, était que plus les Britanniques côtoyaient les soldats noirs, plus ils les appréciaient.

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