Briser l’omerta sur les viols dans le sport

Sans présager des résultats de l’enquête, chacun prend conscience qu’aucun milieu n’est exempt de violences sexuelles, a fortiori dans ceux – l’Église, l’école, le sport… – où des adultes exercent une emprise sur des jeunes.

Après le cinéma, après la presse, c’est au tour du sport de voir la vague #MeToo déferler. Après le tennis et la natation, cette fois, c’est le patinage artistique qui est mis en accusation avec le témoignage poignant de Sarah Abitbol. Ancienne vedette dans la discipline, dix fois championne de France, elle vient de publier un livre (« Un si long silence ») dans lequel elle révèle qu’elle a été violée entre 15 et 17 ans par son entraîneur, Gilles Beyer, et comment cela a « piétiné [son] âme » et empoisonné toute sa vie.

Bien que les faits soient prescrits, le parquet de Paris a annoncé ce mercredi l’ouverture d’une enquête. D’autres témoignages ont commencé à émerger sur des agressions sexuelles dans le milieu du patinage artistique, et lundi soir, la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, demandait la démission du président de la Fédération française des sports de glace, Didier Gailhaguet. Patron du patinage artistique français depuis deux décennies, il est accusé d’avoir fait régner l’omerta dans sa fédération. Sa contre-attaque a laissé bien peu de place à la compassion pour les victimes et à l’autocritique : lors d’une interminable conférence de presse, Gailhaguet a refusé de démissionner, niant toute responsabilité, accusant même la ministre d’être « moralisatrice » et de céder à la pression médiatique. Une attitude de déni qui révulse Sarah Abitbol, qui a à nouveau accusé le patron de la fédération de ne pas avoir « protégé ses athlètes ».

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