Briller en société : (bien) parler des livres qu’on n’a pas lus

Par Ousama Bouiss, The Conversation France
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Doit-on lire un livre pour en parler ?
Doit-on lire un livre pour en parler ?

C'est une discussion banale, plaisante, entre amis. Et soudain, la question tombe comme un couperet : « Tu l'as lu, ce livre ? » Doit-on nécessairement avoir lu un livre pour pouvoir en parler ? Le monde se divise-t-il en deux catégories : ceux qui ont lu et ceux qui n'ont pas lu ? La non-lecture est peut-être affaire plus complexe. Pierre Bayard nous invite à y réfléchir dans son ouvrage Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? paru en 2007 aux éditions de Minuit. Suivons son raisonnement pour éviter les mauvaises chutes lors de nos prochaines discussions.

Commençons par un changement de paradigme : lire ou ne pas lire n'est pas la bonne question. Pierre Bayard nous propose d'envisager quatre types de non-lecture de livres : le livre parcouru, le livre oublié, le livre dont on a entendu parler et le livre inconnu. Car lire un livre consiste parfois à le parcourir. Un morceau par ci, un autre par là. Un paragraphe sauté. Quelques lignes aperçues. Des moments d'absence, mais des pages qui se tournent. On avance sans avoir tout lu, sans avoir compris chaque mot, identifié chaque virgule, saisi chaque silence. Qu'il s'agisse d'un parcours linéaire (où l'on saute des lignes et paragraphes) ou morcelé (où l'on vient picorer çà et là de quoi assouvir notre curiosité), ce premier type de non-lecture permet de « maintenir une distance raisonnable avec le livre [?] pour ne pas se perdre dans les détails ».

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