Brexit : une rupture en douceur pour les pêcheurs

Il est deux heures du matin, jeudi 31 décembre. C’est la dernière pêche de l’année à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) pour l’équipage de Laurent Merlin. Situées à une heure et trente minutes des côtes françaises, les eaux britanniques sont bien plus riches en ressources : le pêcheur y réalise 80% de ses prises. Avec le Brexit, il a longtemps craint de ne jamais y retourner. Finalement, les pêcheurs européens devront renoncer à un quart de leurs prises d’ici 2026. "On se disait, qu’est-ce qu’on va faire s'il y a pas d’arrangement, est-ce qu’on continue la pêche, est-ce qu’on fait autre chose ?", raconte Laurent Merlin. Des doutes subsistent Les matelots qui travaillent avec lui depuis près de quinze ans ont pensé perdre leur emploi. "On aurait dû arrêter le métier complètement. […] Tout le monde aurait vendu les bateaux", témoigne l’un d’eux, tandis qu’un autre affirme avoir eu "très peur". Soulagés, ils restent inquiets. Les modalités pratiques sont encore floues, notamment autour de la licence de pêche que les autorités britanniques doivent fournir.