Brexit: un nouvel épisode de la guerre des parlements contre les peuples

Djordje Kuzmanovic
Britain's Prime Minister Boris Johnson visits the NLV Pharos, a lighthouse tender moored on the river Thames, to mark London International Shipping Week in London, Thursday, Sept. 12, 2019. The British government insisted Thursday that its forecast of food and medicine shortages, gridlock at ports and riots in the streets after a no-deal Brexit is an avoidable worst-case scenario, as Prime Minister Boris Johnson denied misleading Queen Elizabeth II about his reasons for suspending Parliament just weeks before the country is due to leave the European Union. (Daniel Leal-Olivas/Pool photo via AP)

Les évènements que connaît actuellement le Royaume-Uni autour du Brexit sont inquiétants: ils illustrent le décalage de plus en plus manifeste existant entre les peuples et leur expression directe, par la voie du référendum, et des assemblées soi-disant représentatives qui déploient des trésors d’imagination pour rendre impossible l’application de la volonté populaire. Que l’on soit favorable ou non aux politiques que Boris Johnson compte mener, rien ne devrait primer sur le respect du principe majoritaire. Le 24 juin 2016, les électeurs britanniques ont, à près de 52%, exprimé leur souhait de quitter l’Union européenne, avec un taux de participation comparable à celui du second tour de l’élection présidentielle française en 2017.

À chaque étape du processus de négociations, le Parlement britannique a été consulté. En mars 2017, il a approuvé la loi autorisant Theresa May à notifier la sortie du Royaume-Uni aux autorités européennes. En septembre 2017, c’est également lui qui a voté la fin de la suprématie du droit communautaire sur le droit britannique, et donné à son gouvernement un pouvoir renforcé dans les négociations du Brexit. Acquis de haute lutte, à l’issue de négociations où les chefs d’Etat et de gouvernement européens ont brillé par leur rigidité, un accord a été conclu. Depuis, il a été rejeté par trois fois, entre janvier et mars 2019, par la Chambre des communes, qui n’a proposé aucune alternative – rejetant, par exemple, l’instauration d’une union douanière permanente. C’est dans ce contexte que Boris Johnson a pris ses fonctions en tant que Premier ministre, le 23 juillet dernier. Son programme était clair: faire respecter la date du 31 octobre pour le Brexit, avec ou sans accord. Face à l’obstruction répétée de la Chambre des communes depuis janvier, il a récemment annoncé son intention de suspendre le Parlement britannique pour limiter la possibilité de blocage des parlementaires dans la dernière phase de négociations avec l’UE....

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