Brexit: la ministre britannique du Travail, Amber Rudd, démissionne

La ministre britannique du Travail et des retraites a annoncé sa démission samedi soir en désaccord avec la stratégie de Brexit du Premier ministre Boris Johnson, qui essuie là un cinglant désaveu. Amber Rudd quitte à la fois le gouvernement, dont elle était un poids lourd, et le parti conservateur, critiquant très vertement la stratégie du chef du gouvernement.

Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

La démission d’Amber Rudd est un nouveau coup dur pour Boris Johnson et survient au terme d’une semaine catastrophique pour le Premier ministre. Après une série de défaites cruciales face au Parlement, il a choisi d’exclure 21 conservateurs rebelles qui étaient pourtant des figures respectées au sein du parti, notamment le petit-fils de Winston Churchill.

Ce geste brutal a beaucoup choqué au sein des Tories et conduit son frère cadet Jo Johnson à annoncer son départ du gouvernement et du parti conservateur. C’est aussi ce qui vient de pousser Amber Rudd à quitter le navire : la ministre du Travail explique dans sa lettre de démission qu’elle ne peut pas continuer à fermer les yeux alors que « des conservateurs modérés et loyaux se font jeter dehors ».

Mais la gestion du Brexit est aussi en cause. Amber Rudd, qui avait voté en 2016 pour rester dans l’UE, affirme avoir accepté de rejoindre le cabinet de Boris Johnson de « bonne foi » mais dit s’être rendue compte que le principal objectif du gouvernement, contrairement à ce qu’affirme Boris Johnson, n’était plus d’essayer d’obtenir un nouvel accord pour sortir le 31 octobre.

L’entourage de Boris Johnson a réagi sans prendre de gants. Une source au sein de Downing Street a expliqué froidement au tabloïd Mail on Sunday : « comme le montrent les sondages, les électeurs ne sont pas mécontents que le Premier ministre se débarrasse de gens qui ne veulent pas régler le Brexit. Il existe de nombreux députés talentueux et plus jeunes pour remplacer le bois mort ».