Brexit: en marge du G7, les chefs de l'UE mettent en garde Londres

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Le Brexit fissure l'unité affichée par les dirigeants des grandes puissances du G7 : les échanges ont viré à l'aigre samedi 12 juin entre Européens et Britanniques, opposés par de profondes divergences sur l'Irlande du Nord. Les Européens accusant les Britanniques de ne pas tenir leur parole dans la province britannique, les Britanniques regrettant le manque de souplesse des Européens.

« Appliquer ce sur quoi nous nous sommes mis d'accord », voilà la ligne des présidents du Conseil européen, Charles Michel, et de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen. Comprenez les dispositions prévues dans le protocole nord-irlandais, relate notre correspondante à Bruxelles, Joana Hostein.

Ce protocole instaure des contrôles entre l'Irlande du Nord, toujours membre du Royaume-Uni mais restant pour partie dans le marché intérieur européen, et le reste du Royaume-Uni. Pour rappel, le Premier ministre britannique a décidé seul, sans concertation avec les 27, de repousser à octobre les contrôles douaniers pour les biens alimentaires et agricoles arrivant en Irlande du Nord depuis la Grande-Bretagne, contrôles qui devaient démarrer initialement le 1er avril. À la suite de cette décision, la Commission européenne a lancé une procédure d'infraction à l'encontre de Londres.

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De son côté, la chancelière allemande a semblé vouloir calmer le jeu. Angela Merkel plaide pour « une solution pragmatique » dans l'application du protocole nord-irlandais, après les menaces du Premier ministre britannique Boris Johnson d'utiliser l'article 16, qui lui permettrait en fait de suspendre les contrôles.

Un manque de confiance des Européens

Que ce soit le président français ou les présidents de l’UE, tous ont appelé Boris Johnson à respecter ses engagements au risque de se voir imposer une forme de rétorsion commerciale, rapporte notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix.

Emmanuel Macron en a même fait implicitement une condition à une reprise de la relation entre Paris et Londres. Il est clair que ni Bruxelles ni Londres ne veulent déclencher une guerre commerciale, mais réussiront-ils à trouver une solution concrète ? Le principal obstacle est le manque de confiance des Européens à l’égard du gouvernement britannique qui savait à quoi il s’engageait en décembre et avait été mis en garde notamment par les unionistes nord-irlandais pour qui le fait de traiter Belfast différemment du reste de Royaume-Uni allait créer des tensions.

Mais pour l’instant Boris Johnson fait la sourde oreille et dans un climat plus que jamais crispé, chacun continue à camper sur ses positions.

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