Brexit, ce que l'on sait

Des opposants au Brexit manifestent devant le Parlement, le 13 mars 2017 à Londres

Londres (AFP) - Le parlement britannique a adopté définitivement lundi soir le projet de loi autorisant le gouvernement à lancer le Brexit. Voici ce que l'on sait sur les prochaines étapes.

" Calendrier

Theresa May va activer l'article 50 marquant la rupture avant la fin du mois de mars.

Les deux parties disposeront ensuite de deux années pour boucler les négociations de sortie.

Les discussions ne commenceront sans doute pas avant deux mois, le temps que la Commission européenne mette au point son plan détaillé de négociations. Le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, le Français Michel Barnier, a souligné qu'un accord devait être trouvé avant octobre 2018, pour que la procédure soit achevée dans les temps. Cela ne laisse pas plus de 15 ou 16 mois de discussion.

" Les négociations : "rendez-moi mon argent!"

Les Européens souhaitent commencer la négociation en présentant à Londres l'addition de la sortie du club, un montant estimé entre 40 et 60 milliards d'euros représentant les engagements pris par Londres dans le cadre du budget européen courant jusqu'en 2020, ou encore le paiement des retraites.

Un récent rapport des Lords a fait valoir que le pays n'était pas légalement obligé de régler la facture une fois sorti du club, surtout en l'absence d'un accord commercial. Mais une telle position reviendrait à une déclaration de guerre à l'UE.

" Brexit 'dur' et sortie du marché unique

Theresa May a préconisé une rupture "claire et nette", ou Brexit "dur", en dévoilant sa vision du Brexit mi-janvier.

Afin de reprendre le contrôle de l'immigration, le Royaume-Uni sortira du marché unique mais aussi de la Cour européenne de justice. Mme May ambitionne toutefois de garder "l'accès le plus large possible" au marché unique, grâce à un "nouvel accord de libre-échange large, audacieux et ambitieux" qui reste à inventer.

" Immigration contrôlée

"Le Royaume-Uni est un pays ouvert et tolérant mais le message du peuple a été très clair: le Brexit doit permettre de contrôler le nombre d'Européens qui viennent au Royaume-Uni, et c'est ce que nous allons faire", a affirmé Mme May.

Elle cherchera dans le même temps à garantir les droits des Britanniques qui vivent dans des pays de l'UE, et le sort des citoyens européens déjà présents au Royaume-Uni servira de monnaie d'échange.

" Rôle (limité) du Parlement

Le Parlement sera consulté sur l'accord issu des négociations avec Bruxelles avant sa conclusion. Mais il n'aura pas le pouvoir de changer le texte. S'il n'est pas d'accord avec le résultat des négociations, alors la sortie de l'UE se fera sans accord, et donc dans des conditions moins favorables que celles négociées.

" Accord de transition

L'article 50 porte uniquement sur le divorce entre le Royaume-Uni et l'UE. Leurs relations futures, notamment commerciales mais aussi en matière judiciaire, devront faire l'objet d'autres négociations qui pourraient prendre de longues années. D'où l'idée d'un accord de transition qui permettrait d'éviter une sortie trop abrupte du giron européen, en particulier pour les entreprises, en attendant l'accord définitif.

Mme May a dit souhaiter que le processus de sortie se fasse "par étapes", tout en excluant "un statut transitoire sans limites" dans le temps.

+ L'économie fait de la résistance

Alors que les scénarios les plus pessimistes prévoyaient un choc pour l'économie britannique dans la foulée du référendum du 23 juin ayant décidé le Brexit, celle-ci a fait preuve de résilience, avec un chômage, stable à 4,8% fin décembre et une croissance de 2% en 2016. Et la prévision de croissance pour cette année vient d'être relevée à 2%.

Les pouvoirs publics et les économistes s'attendent cependant à un ralentissement progressif dans les années à venir.

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