Brexit: l’UE fixe des quotas de pêche provisoires face à l’absence d’accord avec Londres

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Les ministres européens de la Pêche, réunis à Bruxelles, ont adopté mardi 23 mars des quotas de pêche temporaires jusqu'au 31 juillet pour les eaux partagées avec le Royaume-Uni. Toujours en négociations avec Londres sur ce sujet après le Brexit, les Européens anticipent ainsi l'absence d'accord d'ici l'expiration le 31 mars des quotas provisoires actuels.

Approuvés après d'âpres négociations nocturnes, ces quotas constituent « un plan de contingence » pour permettre aux flottes de pêcheurs européens de poursuivre leur activité, a indiqué le ministre portugais de la Mer Ricardo Serrão, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union européenne (UE).

Mi-décembre, alors que l'issue des pourparlers sur l'accord commercial post-Brexit restait incertaine, les Vingt-Sept avaient reconduit pour trois mois les quotas de capture 2020 pour les stocks partagés avec les Britanniques. Soit une décision en vigueur jusqu’à fin mars afin de permettre aux pêcheurs de poursuivre leur activité même en cas de « no deal ».

L'accord finalement conclu fin décembre entre l'UE et le Royaume-Uni prévoit de laisser aux pêcheurs européens un accès aux eaux britanniques pendant une période transitoire de 5 ans et demi. Les Européens devront alors progressivement renoncer à 25 % de leurs prises.

Mais les quotas de capture précis de 2021 pour les stocks partagés n'avaient pas été définis.

Or, en dépit d'intenses négociations entre Bruxelles et Londres, aucun accord ne semble se dessiner à l'approche de la date-butoir du 31 mars. Ce scénario menaçait de paralyser l'activité des pêcheurs dans les eaux partagées, faute de nouvelles règles en vigueur.

Un « accord équilibré » en attendant le définitif

Les nouveaux quotas provisoires qui s'appliqueront désormais aux pêcheurs européens jusqu'à fin juillet ont été établis « de façon générale » au prorata des niveaux scientifiques recommandés par le Conseil international pour l'exploration de la mer (ICES) pour l'ensemble de 2021, tout en respectant le cadre de l'accord post-Brexit avec Londres, selon les conclusions consultées par l'AFP.

La ministre française de la Mer Annick Girardin a salué « un accord équilibré », mais avertit que Paris restera « très vigilant pour préserver les intérêts des flottes de pêche françaises et européennes dans les négociations » avec Londres.

Cet accord « nous donne du temps », mais « on espère que ce plan B pourra rester dans le tiroir » ou du moins « aura une durée de vie brève » avant les quotas définitifs décidés avec Londres, a déclaré le commissaire européen à l'Environnement, Virginijus Sinkevicius. Celui-ci a dit « espérer une conclusion rapide dans les prochains jours ».

Les ministres ont également entériné l'accord tripartite conclu mi-mars entre l'UE, le Royaume-Uni et la Norvège pour fixer des quotas de pêche en mer du Nord dans les eaux respectives des trois parties, jugé « de bon augure pour les négociations en cours » par M. Sinkevicius.

(avec AFP)