Brexit: l’UE décide la reconduite des quotas de pêche, un enjeu majeur des négociations

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Va-t-on vers un accord dernière minute entre le Royaume-Uni et les 27 sur leur future relation commerciale ? En tout cas le négociateur européen sur le Brexit Michel Barnier a jugé jeudi, auprès d'eurodéputés, « difficile mais possible de parvenir à un accord » d'ici vendredi. Des propos aussitôt tempérés par Londres. Le sujet qui coince le plus, c’est la pêche.

Pour éviter tout chaos dès le 1er janvier, les 27 ont approuvé ce jeudi 17 décembre la reconduite pour trois mois des quotas de pêche de l'UE pour les stocks partagés avec les Britanniques. Les quotas de pêche de l’Atlantique et de la Mer du Nord sont reconduits.

Un peu de temps gagné, trois mois, dans un secteur hautement inflammable. C’est une garantie pour éviter tout blocage de l’activité dès le 1er janvier. Ces quotas de pêche sont de toute façon « provisoires » et destinés évidemment à être renégociés.

Si le secteur pèse peu économiquement dans les échanges entre le Royaume-Uni et les 27, la pêche reste un sujet majeur. D’un côté, il y a la France mais aussi pour l’Espagne, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Irlande. Dans ces pays, les pêcheurs ont toujours fréquenté les eaux du Royaume- Uni. En face, la pêche, c’est 0,1% du PIB britannique, mais il s’agit d’un sujet qui a pesé lourdement en faveur du Brexit.

Un sujet politique et symbolique

C’est un sujet politique et hautement symbolique. Boris Johnson a joué sur cette fibre le week-end dernier avec une démonstration de force militaire. Les images de bateaux de la marine britannique prêts à défendre les pêcheurs du pays pendant plusieurs heures ont inondé les écrans des médias. Quatre navires de 80 mètres de long, et des rumeurs d’utilisation des hélicoptères de l’armée pour surveiller les côtes.

Les 27 ont aussi préparé des mesures d'urgence pour maintenir le trafic aérien et le transport routier pendant six mois entre le Royaume-Uni et le continent, sous réserve de réciprocité. Elles doivent être soumises vendredi au vote du Parlement européen, qui a déjà approuvé ce jeudi des mesures temporaires pour maintenir la circulation dans le tunnel sous la Manche.

La poursuite des négociations

Pour ce qui est de la concurrence et l’accès au marché de l’UE, les négociations progressent. C’est ce qui ressort d'un appel téléphonique ce jeudi soir à 19h entre le Premier ministre britannique et la présidente de la Commission européenne. Les négociations continuent ce vendredi et le négociateur européen doit faire rapport en début de matinée aux ambassadeurs des 27 pays de l’UE.

Lors de leur conversation téléphonique jeudi soir, Ursula von der Leyen et Boris Johnson se sont félicités de progrès substantiels sur de nombreux points. Ce qui progresse c’est le dossier des conditions de concurrence équitable. Il aura fallu que le Premier ministre britannique rencontre la présidente de la Commission européenne il y a une semaine en tête-à-tête pour qu’il s’implique véritablement dans les négociations et réalise l’avantage de la nouvelle proposition européenne.

Au lieu de lier l’accès au marché européen au respect des normes de l’UE, il pourrait y avoir désormais des normes qui divergent avec le temps et pourraient être corrigées par des mesures de compensation au cas par cas, activables par l’UE ou par le Royaume-Uni.