Brexit: la crainte des bouchons commence à s’installer chez les routiers irlandais

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A partir du 1er janvier, le Royaume-Uni n’appartiendra plus à l’union douanière. Et c’est un problème pour les routiers irlandais: que ce soit pour approvisionner l’Irlande ou pour les exports du pays en direction de l’Europe, ils transitent par la Grande-Bretagne, « pont terrestre » entre l’île et le continent. Ce mercredi, les représentants du secteur ont fait part de leur inquiétude au Parlement irlandais.

Avec notre correspondante à Dublin, Emeline Vin

Les douanes s’attendent à devoir multiplier par cinq les contrôles au port de Dublin. Le patron de l’association du transport routier Eugene Drennan s’attend à un mois de janvier compliqué. « Même si un accord est trouvé, il y aura des contrôles douaniers dans nos ports. Déjà sans, le port de Dublin est lourdement congestionné aux heures de pointe. Les conducteurs sont déjà soumis à une forte pression, et surtout aux règles sur le temps de conduite. S’il est retardé à cause d’un contrôle, il ne peut plus avancer, il doit s’arrêter. »

La majorité des contrôles administratifs sera dématérialisée, mais environ 10% des véhicules devront passer par un examen physique au porta. Eugene Drennan appelle à la coopération de tous les acteurs. « Les principaux ferries arrivent tous dans une fourchette de 35 minutes. Leur arrivée doit être répartie sur la journée, sans quoi, on créée nous-mêmes les conditions des embouteillages. Le ministère des Transports doit aussi reconnaître que ce ne sera pas une période " normale", et (sans vouloir compromettre la sécurité routière) nous accorder de la flexibilité sur le temps de conduite. »

Dix-huit milliards d’euros d’exports irlandais transitent chaque année par la Grande-Bretagne. De nouvelles routes maritimes directes entre l’Irlande et le nord de la France pourraient ouvrir en 2021.