"Breeders" : la série exutoire pour parents en burn out post-confinement

Paul, Ally et leurs enfants : tragicomédie familiale saupoudrée du légendaire mauvais esprit anglais

Assis devant son ordinateur, un homme tente de travailler. En fond sonore, ses deux rejetons font un raffut équivalent à celui d’un Boeing 737 au décollage. À voix haute, l’homme se promet plusieurs fois de ne pas s’énerver... Excédé, il ouvre la porte de la chambre des enfants et les ensevelit sous une bordée de jurons. La scène inaugurale de "Breeders" ("éleveurs" ou "reproducteurs" en anglais) résume parfaitement les épisodes à suivre. À la fois drôle et résignée, cette production FX ne va pas nous vendre du rêve. Elle va juste nous émouvoir et nous faire marrer en montrant les rudes réalités parentales.

L’identité des créateurs du projet renseigne immédiatement sur sa teneur. Il émane des cerveaux malades de Chris Addison et Simon Blackwell, ayant auparavant œuvré sur "Veep", l’une des séries les plus déjantées de la décennie écoulée. Le duo s’acoquine ici avec Martin Freeman, acteur anglais star : le Watson de "Sherlock", le Tim de "The Office" ou le Bilbon Sacquet de la trilogie The Hobbit, c’était lui.

Freeman joue Paul, quadragénaire londonien vivant avec la virevoltante Ally. Le couple a une chouette maison, pas mal de complicité et beaucoup d’humour. Et deux marmots donc, âgés de 4 et 7 ans. Nous épargnant les écueils de la sitcom et ses rires préenregistrés, "Breeders" délivre dix instantanés de vingt minutes, chacun illustrant une face de la tragicomédie familiale : les nuits sans sommeil, la pression mise sur les enseignants, les grands-parents relous – même quand ils sont fans du poète persan Rûmî – etc. Dans le premier épisode, Paul et Ally sont ainsi torturés comme Yves Montand, privé de sommeil dans

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